Près de 22% de la population togolaise vit dans l’extrême pauvreté. C’est le chiffre alarmant publié par les Nations Unies dans son Analyse Commune de Pays (CCA) 2025 , rendue publique le 19 mai 2026. Concrètement, environ 1,8 million de Togolais disposent de moins de 1 140 francs CFA par jour pour se nourrir.
89% des extrêmes pauvres vivent en milieu rural
L’extrême pauvreté au Togo a un visage essentiellement rural. Neuf pauvres sur dix habitent les campagnes togolaises. Ce chiffre impressionnant (89%) s’explique par plusieurs handicaps structurels :
- Accès limité aux services de base (eau potable, électricité, soins de santé)
- Infrastructures routières insuffisantes, isolant de nombreux villages
- Opportunités économiques restreintes
Pour réduire significativement la pauvreté, les politiques publiques doivent donc prioritairement cibler le monde rural.
Savanes et Plateaux : deux régions concentrent la moitié des pauvres
La répartition régionale montre que deux régions sont particulièrement touchées :
- Région des Savanes : 29,9% des extrêmes pauvres
- Région des Plateaux : 19,6%
À elles deux, ces régions concentrent près de 50% des personnes vivant dans l’extrême pauvreté au Togo. Dans les Savanes, les conditions climatiques difficiles et l’enclavement compliquent l’agriculture. Dans les Plateaux, le manque d’infrastructures et d’opportunités économiques diversifiées pénalise les populations.
Enfants et femmes, premières victimes
L’extrême pauvreté frappe durement les plus vulnérables :
- 50% des extrêmement pauvres ont moins de 15 ans (enfants)
- 53% sont des femmes
Le portrait-robot du ménage extrêmement pauvre est désormais connu : une famille nombreuse (84,9% comptent au moins 5 personnes), dont le chef travaille dans l’agriculture (69,1%) et n’a aucun niveau d’instruction (52% sont analphabètes, 28,9% ont uniquement le primaire).
Une légère baisse depuis 2018, mais insuffisante
Le taux d’extrême pauvreté est passé de 23,1% en 2018 à 22% en 2021 , soit une baisse de 1,1 point. Une amélioration modeste, permise par la croissance économique et les programmes sociaux comme le PUDC ou Novissi.
Mais à ce rythme, il faudrait plusieurs décennies pour éradiquer l’extrême pauvreté au Togo. Un défi immense pour les années à venir.











