Un vent de contestation venu de Côte d’Ivoire est aux frontières du Togo ! Le débat sur les cheveux naturels à l’école traverse actuellement l’Afrique de l’Ouest. Tout a commencé en Côte d’Ivoire, où une pétition adressée au Ministère de l’Éducation nationale réclame l’autorisation pour les élèves de conserver leurs cheveux naturels, à condition qu’ils soient propres, bien entretenus et respectent les règles de présentation.
Lancée le 6 juillet 2026, la pétition a déjà recueilli des dizaines de milliers de signatures et continue de susciter de nombreuses réactions. Portée par des élèves, des parents et des citoyens, elle ne réclame pas l’anarchie, mais simplement le droit de porter des coiffures naturelles sans être sanctionnés.
La règle au Togo : cheveux très courts obligatoires dans les écoles publiques
Au Togo, comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, l’obligation pour les élèves, particulièrement les filles, de se couper les cheveux très courts reste une règle traditionnelle imposée par les règlements intérieurs de nombreux établissements scolaires publics.

Dans de nombreux établissements, notamment au primaire et au premier cycle du secondaire, la coupe de cheveux à ras reste la norme obligatoire pour éviter toute distinction sociale ou ethnique. Cette pratique historique fait l’objet de vifs débats éducationnels, sociétaux et identitaires à travers toute la région.
Les raisons invoquées par les établissements
Les administrations scolaires avancent plusieurs arguments pour justifier l’obligation de coupe courte :
- Concentration sur les études : La gestion des coiffures complexes (tresses, mèches, afros) détournerait l’attention des élèves de leurs objectifs académiques.
- Économie de temps et d’argent : Éviter les longues heures passées dans les salons de coiffure le week-end et réduire les dépenses financières des parents.
- Discipline et égalité : La coupe uniforme gomme les différences sociales et renforce le sentiment d’appartenance à une communauté scolaire.
Se couper les cheveux naturels à l’école est-elle une injustice ?
Comme dans d’autres pays, de nombreux élèves et parents togolais trouvent cette règle injuste. Pour eux, les cheveux naturels sont une partie importante de leur culture et de leur identité. Les enfants veulent pouvoir garder leurs cheveux longs ou afros si les parents les lavent et les attachent correctement.
« Aidez-nous les élèves du Togo à pouvoir plaider auprès du comité éducatif pour garder nos cheveux », a notemment déclaré un internaute sous une vidéo d’Actu Lomé. D’autres estiments être obligées de ressembler à des garçons alors qu’elles sont des filles.
Les signataires de cette pétition ivoirienne arguent aussi la suppression d’un héritage colonial pour justifier leur demande. En effet, pendant la colonisation, les autorités imposeraient des codes stricts aux Africains, notamment la coupe des cheveux. C’était une façon d’effacer la culture et l’identité des peuples locaux. Aujourd’hui, les élèves et les parents estiment que ces restrictions n’ont plus de sens. Pour eux, les cheveux naturels sont une richesse culturelle.
Le Togo va-t-il suivre le mouvement ?
Contrairement à la Côte d’Ivoire, aucune initiative officielle n’a encore été lancée au Togo. Mais des voix citoyennes s’élèvent pour demander une révision des règlements intérieurs. Certains estiment que le Togo devrait s’inspirer du débat ivoirien et autoriser les cheveux naturels, à condition qu’ils soient propres et bien coiffés.
En Côte d’Ivoire, les responsables du ministère de l’Éducation nationale n’ont pas encore réagi à cette polémique. Mais au Togo, avec la montée des revendications sur les réseaux sociaux et les interpellations des internautes, le sujet pourrait bien s’inviter dans le débat public.








