Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exprimé sa profonde tristesse après les naufrages survenus au large de la Mauritanie la semaine dernière. Selon Matthew Saltmarsh, porte-parole du HCR, 144 personnes sont mortes ou portées disparues à la suite de trois opérations de sauvetage menées entre le 14 et le 18 juillet 2026 à Nouadhibou.
Au total, 387 survivants ont été ramenés à terre et pris en charge par les autorités mauritaniennes et les partenaires humanitaires. Le HCR était présent à chaque débarquement pour identifier les personnes vulnérables et celles ayant besoin d’une protection internationale. Les passagers provenaient de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
25 jours de cauchemar sur l’Atlantique
Le drame le plus marquant concerne un bateau secouru le 18 juillet. Parti de Bufaloto, en Gambie, il tentait de rejoindre l’Espagne. Après 25 jours perdus en mer, seuls 38 survivants ont été retrouvés. 143 passagers ont perdu la vie ou sont portés disparus.

Parmi les rescapés figurent deux enfants qui ont perdu tous leurs membres de leur famille durant la traversée. Ils sont actuellement hospitalisés avec les autres survivants. Un autre décès a été signalé lors d’une opération de sauvetage du 14 juillet.
Une route atlantique toujours meurtrière, l’alerte du HCR
Malgré les efforts des autorités côtières et des organisations humanitaires, la route atlantique vers les îles Canaries reste l’un des corridors migratoires les plus dangereux au monde. Les traversées s’étendent sur plus de 2 000 kilomètres dans des embarcations de fortune, surchargées, confrontées à des conditions océaniques imprévisibles et à un accès limité aux secours.
Selon le HCR, les arrivées aux Canaries ont certes diminué de 61 % par rapport à 2025, avec 4 400 arrivées enregistrées depuis janvier 2026. Cependant, les disparitions en mer restent alarmantes, et de nombreux naufrages passent inaperçus, des embarcations entières disparaissant sans laisser de traces.
Et les Togolais ?
Si aucun Togolais n’est explicitement cité parmi les victimes et que les départs massifs concernent principalement la Gambie, la Mauritanie et le Sénégal, le pays n’est pas épargnée par ce phénomène. De nombreux Togolais empruntent ces routes périlleuses faute d’alternatives légales. Le HCR appelle les États à renforcer les voies légales : quotas de réinstallation, opportunités de travail et programmes d’études, afin de réduire les traversées mortelles.
Depuis janvier 2026, 17 opérations de débarquement ont eu lieu à Nouadhibou et Nouakchott, avec 2 147 personnes secourues. Ce chiffre rappelle que la route reste active, et que des vies continuent de s’y perdre chaque semaine.
Le HCR réitère son appel aux gouvernements ouest-africains, dont le Togo, pour s’attaquer aux causes profondes de ces migrations forcées : pauvreté, conflits, changements climatiques et absence de perspectives. Sans solutions durables, ces drames continueront de se répéter.







