L’onde de choc provoquée par la décision togolaise continue de se propager. Une semaine après l’annonce historique de Faure Gnassingbé, c’est au tour du président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, d’emboîter le pas. Il supprime les visas pour les ressortissants africains.
Lundi 25 mai 2026, à l’occasion de la journée de l’Afrique, le chef de l’État congolais a annoncé qu’à partir du 1er janvier 2027, les ressortissants des pays africains ne seront plus soumis à l’obligation de visa pour entrer sur son territoire. Le Togo ouvre la voie. Le Congo suit. Et l’intégration africaine, enfin, prend corps.
Selon Denis Sassou-Nguesso, cette mesure est prise « en vue d’une Afrique unie, souveraine et prospère », moyennant « quelques dispositions administratives et sécuritaires minimales ».
Une annonce symbolique pour la journée de l’Afrique
La date n’a pas été choisie au hasard. Le lundi 25 mai était la journée de l’Afrique, célébrée chaque année en mémoire de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1963. C’est lors d’un événement organisé à Brazzaville que le président congolais a fait cette annonce, devant un parterre de diplomates, de responsables africains et d’invités.
Un geste politique fort, qui place la République du Congo dans la dynamique panafricaine.
Le Congo rejoint un cercle qui s’élargit
La République du Congo n’est pas le premier pays à franchir le pas. Elle rejoint une liste de pays africains qui ont déjà supprimé les visas pour les ressortissants du continent ou qui l’ont fortement facilitée.
| Pays | Statut |
|---|---|
| Togo | Exemption de visa depuis le 18 mai 2026 (30 jours, déclaration en ligne) |
| Bénin | Exemption de visa pour les Africains |
| Ghana | Exemption de visa pour les Africains |
| Rwanda | Exemption de visa pour les Africains |
| Seychelles | Exemption de visa pour les Africains |
| Gambie | Exemption de visa pour les Africains |
| République du Congo | À partir du 1er janvier 2027 |
Le mouvement prend de l’ampleur.
Le Togo, précurseur à peine une semaine plus tôt
La décision du Congo intervient seulement sept jours après celle du Togo (18 mai 2026). Faure Gnassingbé avait annoncé l’exemption de visa pour tous les ressortissants africains, avec une durée de séjour de 30 jours et une déclaration de voyage en ligne obligatoire sur la plateforme voyage.gouv.tg.
Le gouvernement togolais justifiait alors cette mesure par la volonté de « renforcer la libre circulation des personnes et des biens et de favoriser une coopération accrue entre les États et les peuples du continent ».
La ZLECAf comme moteur de l’intégration
Ces mesures sont cohérentes avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) , entrée officiellement en vigueur en 2021. Le président Sassou-Nguesso l’a d’ailleurs rappelé dans son discours. « Il nous faut persévérer sur la voie de l’effort pour donner un contenu à la Zone de libre-échange continentale africaine », a-t-il déclaré.
La ZLECAf, rappelle-t-il, « procède du panafricanisme économique, panafricanisme de développement au bénéfice du commerce intra-africain, de l’avènement d’un marché unique et intégré de biens et de services sur l’ensemble du continent, de la facilitation plus grande de la libre circulation des personnes et des biens ».
La libre circulation des personnes est l’un des piliers de l’intégration africaine. Sans elle, le marché unique reste une coquille vide.
Des « dispositions administratives et sécuritaires minimales »
Comme le Togo, le Congo n’ouvre pas ses frontières sans conditions. Denis Sassou-Nguesso a précisé que l’exemption de visa serait assortie de « quelques dispositions administratives et sécuritaires minimales ».
Ces dispositions n’ont pas été détaillées. Elles pourraient inclure une déclaration en ligne préalable, un passeport biométrique, une durée maximale de séjour, ou des contrôles renforcés pour certaines nationalités.
La question est désormais sur toutes les lèvres. Après le Togo et le Congo, quel autre pays africain va lever les barrières ? La Côte d’Ivoire ? Le Sénégal ? L’Afrique du Sud ? L’intégration africaine ne se décrète pas en un jour. Mais chaque annonce, chaque décision, chaque pas compte.











