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TOGO

« Ça va plutôt bien » : le journaliste Gaël Mocaër revient sur un mois de prison au Togo

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
8 septembre 2026 4 min de lecture
Togo : le journaliste Gaël Mocaër raconte sa détention

Le journaliste français Gaël Mocaër est sorti de silence. De retour en France depuis le jeudi 4 septembre après un mois de prison au Togo, il s’est confié en exclusivité à France Inter.

Avec son confrère Sébastien Perez Pezzani, il avait été arrêté le 27 juillet 2026 dans le nord du Togo alors qu’ils tournaient un épisode de la série documentaire « Les Routes de l’impossible » pour France Télévisions. Tous deux ont été libérés provisoirement et ont pu regagner la France. Leur fixeur, également arrêté, a lui aussi été placé en liberté provisoire.

Ce que Gaël Mocaër raconte de sa détention au Togo

« C’était une immense émotion« , a confié Gaël Mocaër à France Inter, vendredi 4 septembre. « On se dit les choses petit à petit parce qu’il y a tellement de choses à raconter sur cette aventure, ça va prendre du temps. »

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Interrogé sur ses conditions de détention, le journaliste a tenu à nuancer certains récits. « Ça va plutôt bien« , a-t-il déclaré, précisant que les conditions n’étaient « franchement pas mauvaises, tout à fait acceptables« . Il attribue les pertes de poids importantes (9 kg pour son collègue Sébastien Perez Pezzani la première semaine, 5 kg pour lui la deuxième) au changement d’alimentation en prison et au climat togolais auquel ils n’étaient pas habitués.

Son collègue Sébastien Perez Pezzani a quant à lui été hospitalisé à son retour en France. Les deux hommes ont été accueillis par leurs familles à Paris.

Les raisons de l’arrestation des journalistes français

Les faits remontent au 27 juillet 2026. Les trois membres de l’équipe, deux journalistes français et leur fixeur togolais, ont été interpellés au marché de Matchatom, dans la préfecture de la Binah, dans le nord du Togo.

Selon les autorités togolaises, plusieurs infractions administratives ont été relevées : l’utilisation d’un drone dont les caractéristiques n’avaient pas été préalablement déclarées, ainsi que des questions sur les autorisations administratives et les localités visitées. Le gouvernement togolais a insisté sur un point : la procédure ne concernait ni le contenu du documentaire ni la liberté de la presse, mais les conditions administratives et réglementaires du tournage.

Présentés au procureur de la République le 17 août, les trois intéressés ont été inculpés pour « fausses déclarations » sur la base de l’article 680, 5° du nouveau Code pénal togolais, puis placés sous mandat de dépôt.

La liberté provisoire et le rôle de la diplomatie française

Le tournant de cette affaire est intervenu avec la décision du juge d’instruction de placer les trois prévenus en liberté provisoire. Cette mesure ne signifie pas la fin de l’information judiciaire ni l’abandon des poursuites, mais elle a permis aux journalistes et à leur fixeur de retrouver leur liberté dans l’attente de la suite de la procédure.

« C’est le travail de la diplomatie« , a souligné le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur France Inter, « du terrain jusqu’au président de la République, en passant par le Quai d’Orsay et par moi-même ».

Une affaire aux enjeux multiples

Cette affaire a suscité de vives réactions en France et au Togo. Elle rappelle les défis auxquels sont confrontés les journalistes internationaux lorsqu’ils tournent dans des pays où les réglementations administratives sont strictes, notamment concernant l’utilisation de drones et les autorisations de tournage.

Pour le Togo, cette affaire a été l’occasion de rappeler que tout travail audiovisuel sur son territoire doit respecter le cadre légal en vigueur. Le gouvernement a constamment souligné que la procédure judiciaire suivait son cours et que les droits de la défense avaient été respectés.

Pour les deux journalistes français, c’est un retour à la vie normale après une épreuve qu’ils n’oublieront pas de sitôt. « Il y a deux jours j’étais toujours dans ma cellule« , a confié Gaël Mocaër, « les choses se sont accélérées, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment. » La rapidité de la libération crée un contraste important, « mais c’est le même monde« , a-t-il ajouté.

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