Le Togo a-t-il progressé en matière de justice, de paix et de gouvernance ces dernières années ? Le rapport de l’ONU est sans appel : non. Selon l’Analyse Commune de Pays (CCA) 2025 publiée par l’ONU, le score du Togo pour l’Objectif de développement durable (ODD) 16 est passé de 47,4 en 2021 à 42,5 en 2025. Une baisse préoccupante qui mérite d’être comprise.
Corruption : un fléau toujours bien présent
Derrière ce chiffre se cache une réalité que de nombreux Togolais connaissent bien. La perception de la corruption reste élevée dans le pays. L’indice mesuré par l’ONU est passé de 0,29 en 2020 à 0,31 en 2023 (plus le score est bas, meilleure est la performance).
Concrètement, cela signifie que beaucoup de citoyens estiment encore qu’il faut parfois « connaître quelqu’un » ou payer un pot-de-vin pour obtenir rapidement un document administratif, régler un dossier ou éviter certaines tracasseries.
Liberté de la presse : des progrès, puis un recul
Côté liberté d’informer, le constat est contrasté. L’indice de liberté de la presse au Togo a connu une amélioration significative : il est passé de 29,3 sur 100 en 2020 à 50,9 en 2024. Une belle progression.
Mais l’élan s’est essoufflé. En 2025, l’indice est redescendu à 48,0. Dans les faits, certains journalistes togolais hésitent encore à traiter certains sujets sensibles par crainte de pressions ou de poursuites.

Prisons : trop de détenus en attente de jugement
Autre défi majeur : la détention préventive. La proportion de détenus non condamnés dans les prisons togolaises a légèrement baissé, passant de 64,6% en 2018 à 60,0% en 2021.
Cela signifie que six détenus sur dix n’ont pas encore été jugés. Des personnes restent parfois des mois, voire des années, en prison avant de connaître leur condamnation… ou leur innocence.
Une réponse du gouvernement : l’école pour changer les mentalités
Face à ces difficultés, le gouvernement togolais a lancé en juillet 2025 une initiative ambitieuse : intégrer dans les programmes scolaires des modules d’éducation à l’éthique, à la responsabilité et à la citoyenneté.
L’objectif est simple : former dès le plus jeune âge des citoyens honnêtes, respectueux des biens publics et conscients des dangers de la corruption. Un enfant qui grandit avec ces valeurs deviendra peut-être demain un fonctionnaire intègre ou un citoyen respectueux des lois.
Le chemin est encore long. Mais ces réformes éducatives, si elles sont bien menées, pourraient inverser la tendance dans les années à venir. En attendant, le rapport de l’ONU est clair : le Togo doit redoubler d’efforts sur la justice, la paix et la gouvernance.











