Le Togo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses infrastructures de transport et de logistique. Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé le 16 juin à Washington un financement de 200 millions de dollars, soit environ 115 milliards de FCFA, dans le cadre du Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT). Une enveloppe qui promet de désengorger la zone portuaire, réhabiliter le réseau ferroviaire et mieux connecter les zones agricoles aux marchés.
La facilité est octroyée via l’Association internationale de développement (IDA). Elle s’articule autour de trois priorités gouvernementales : la réhabilitation de la ligne ferroviaire entre le Port autonome de Lomé et la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA) pour le transfert des conteneurs par voie ferrée, l’amélioration de la mobilité urbaine dans le Grand Lomé, et le renforcement de la connectivité des Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP) vers les marchés locaux, régionaux et internationaux.
Un programme pour décongestionner la zone portuaire
Premier objectif affiché : lutter contre la congestion chronique qui paralyse la zone portuaire de Lomé. Chaque jour, des milliers de poids lourds s’y entassent, générant pollution, perte de temps et coûts supplémentaires pour les opérateurs. Le projet vise à transférer une partie du trafic de conteneurs vers le rail, allégeant ainsi la pression sur les routes et améliorant les conditions de vie de plus de 2 millions d’habitants du Grand Lomé.
En milieu rural, des routes de desserte reliant les exploitations agricoles aux marchés seront réhabilitées dans les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô. Une aubaine pour les producteurs qui peinent souvent à écouler leurs récoltes faute d’infrastructures adaptées. Un accent particulier sera mis sur la résistance aux effets du changement climatique dans la conception des infrastructures, matérialisant les engagements du Togo en matière de résilience.
115 milliards FCFA : un pari sur l’avenir, mais à quel prix ?
Si l’annonce est accueillie avec enthousiasme, elle soulève aussi des questions légitimes. Le Togo a déjà multiplié ces dernières années les investissements structurants. Mais les Togolais attendent des résultats concrets sur le terrain.
Le Représentant résident de la Banque mondiale au Togo, Antonius Verheijen, a salué « une opportunité stratégique majeure pour renforcer la position du Togo en tant que principal pôle de transport et de logistique de la sous-région ». Il a également souligné que ce programme « contribuera à stimuler la création d’emplois, à soutenir le développement des chaînes de valeur et à renforcer la capacité du pays à attirer des investissements privés de qualité ».
Reste une question cruciale : comment ces 115 milliards seront-ils gérés ? Les précédents programmes de grande envergure ont parfois souffert d’un manque de transparence, de retards dans l’exécution ou de dérapages budgétaires. La société civile et les citoyens seront attentifs à ce que cet argent profite réellement aux populations et ne s’évapore pas dans des circuits opaques. La Banque mondiale, qui exige des mécanismes de contrôle rigoureux, devra veiller à ce que chaque franc soit tracé et utilisé efficacement.
Le défi est immense : transformer cette enveloppe en infrastructures visibles, durables et bénéfiques pour tous. Les Togolais, eux, espèrent que ce programme ne sera pas un énième projet annoncé avec faste, mais une véritable rupture dans la mobilité et le développement économique du pays.











