Vingt-et-un ressortissants togolais ont été officiellement remis aux autorités de leur pays par la Gendarmerie nationale guinéenne, le jeudi 18 juin à Conakry.
Placés en garde à vue pour de graves infractions (exploitation illégale de mines, dégradation de l’environnement, exercice d’activités professionnelles sans autorisation, destructions diverses et surtout traite des êtres humains) ces Togolais vont être rapatriés sous la coordination de l’Ambassade du Togo en Guinée.
Le procès-verbal de remise, signé par le Colonel Ousmane Keïta, Directeur central des investigations judiciaires de la Gendarmerie nationale guinéenne, et par Ekoué Goulgui Amavi, Délégué Pays du Haut Conseil des Togolais de l’Extérieur (HCTE), détaille les chefs d’accusation qui pèsent sur les concernés.
Des infractions graves passibles de lourdes sanctions
Les faits reprochés aux 21 ressortissants Togolais sont loin d’être anodins. L’exploitation illégale de mines, réprimée par l’article 207 du Code minier guinéen, constitue l’une des principales accusations. À cela s’ajoutent la dégradation de l’environnement (article 178 du Code de l’environnement), l’exercice d’activités professionnelles sans autorisations (articles 131 et suivants du Code du travail guinéen) et des destructions diverses (article 526 alinéa 2 du Code pénal guinéen).
Mais l’accusation la plus lourde reste celle de traite des êtres humains, visée par les articles 323 et suivants du Code pénal guinéen, ainsi que par la loi L0013 du 6 avril 2023 portant lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées. Un chef d’accusation qui, s’il est avéré, pourrait entraîner des peines sévères à l’encontre des personnes impliquées.
Rapatriement des ressortissants togolais sous escorte sécuritaire
La procédure de rapatriement est désormais engagée. Les autorités guinéennes ont confié les 21 ressortissants au Délégué Pays du HCTE, qui assure la coordination avec l’Ambassade du Togo. La Gendarmerie nationale et la Police nationale guinéennes ont promis d’apporter un appui sécuritaire pour garantir le bon déroulement du processus jusqu’à son terme.
Cette affaire soulève des questions sur les conditions de vie et de travail des Togolais en Guinée, et plus largement sur les réseaux qui pourraient les avoir conduits à commettre de tels actes. Le gouvernement togolais, par l’intermédiaire de ses représentants diplomatiques, devra veiller à ce que les droits de ses ressortissants soient respectés tout au long de la procédure de rapatriement et, le cas échéant, à ce que la justice soit rendue dans le respect des lois des deux pays.
À l’heure où le Togo renforce sa coopération avec ses voisins ouest-africains, cet incident rappelle l’importance d’une coordination efficace entre les États pour lutter contre l’exploitation illégale des ressources et les trafics en tous genres.











