Cela fait un an, jour pour jour, que la détention de Marguerite Gnakadé est sur la table des tensions politiques au Togo. L’ancienne ministre des Armées, belle-sœur de Faure Gnassingbé devenue opposante, a été arrêtée le 17 septembre 2025 à son domicile de Lomé. Un an après, son dossier est toujours en instruction.
Ce qui a conduit la déntetion de Marguerite Gnakadé
Le parcours de Marguerite Gnakadé la distinguait déjà avant son incarcération. Nommée à la tête du ministère des Armées en octobre 2020 sans expérience militaire préalable, elle était aussi la veuve d’Ernest Gnassingbé, frère défunt du chef de l’État. Sa proximité avec le clan au pouvoir n’aura pourtant pas suffi à la protéger lorsqu’elle a choisi de rejoindre la contestation populaire plutôt que de s’y opposer.
Dans des vidéos et des tribunes diffusées notamment sur les réseaux sociaux, elle appelait à un changement au sommet de l’État togolais. Ces prises de position ont conduit à son arrestation le 17 septembre 2025.

La justice l’accuse notamment d’« incitation au soulèvement contre l’autorité de l’État », de « publication ou diffusion de fausses nouvelles susceptibles d’ébranler la discipline ou le moral des forces armées », de « troubles aggravés à l’ordre public » et d’« entrave au bon fonctionnement de la justice ». Des chefs d’accusation graves, qui font encourir de lourdes peines à l’ancienne ministre.
Une détention qui soulève des interrogations
Un an après son interpellation, les conditiones de détention de Marguerite Gnakadé suscite de vives inquiétudes. « Vous pouvez imaginer ce qu’elle vit actuellement dans sa prison », résume son avocat, affirmant que les visites seraient rares.
En juillet 2026, il a été rapporté que l’ancienne ministre des Armées a refusé toute nourriture pour dénoncer les traitements qu’elle subit derrière les barreaux. Une grève de la faim qu’elle avait menée en dernier recours, pour protester contre ces conditions de détention strictes.
Ces informations, rapportées par plusieurs médias, n’ont pas été confirmées officiellement par les autorités togolaises.
Les actions menées depuis son arrestation
Depuis un an, plusieurs actions ont été menées pour réclamer la libération de Marguerite Gnakadé ou, à tout le moins, un procès équitable.
Des organisations de défense des droits humains, des partis d’opposition et des figures de la société civile togolaise ont régulièrement interpellé les autorités sur son cas. Des appels ont également été lancés au niveau international, notamment par des ONG basées à l’étranger.
En juillet 2026, sa grève de la faim avait remis son dossier sur le devant de la scène médiatique. Des voix se sont élevées pour demander sa libération ou, à défaut, un procès rapide et équitable. À ce jour, aucune décision de justice n’a été rendue sur le fond de l’affaire.
Un symbole des tensions politiques au Togo
Pour ses soutiens, elle incarne la répression qui frappe ceux qui osent critiquer le pouvoir. Pour les autorités, elle est une justiciable comme une autre, poursuivie pour des faits graves qui relèvent de la sûreté de l’État.
Le rappel à l’ordre des autorités judiciaires
Après l’arrestation de Marguerite Gnakadé, les autorités judiciaires ont publié un rappel du cadre légal qui encadre l’usage des réseaux sociaux dans le pays. Le Parquet a mis en garde contre les dérives de plus en plus fréquentes sur ces plateformes.
Le ministère public a souligné que si les médias sociaux – Facebook, WhatsApp, YouTube, Instagram, TikTok, Snapchat ou X – sont devenus incontournables, ils peuvent également se transformer en vecteurs de menaces pour la société : diffusion de fausses informations, incitations à la haine ethnique ou religieuse, atteintes à la sécurité de l’État et à la vie privée.
« Quiconque produira, diffusera ou partagera une publication illicite sera poursuivi sans compromis ni complaisance. Même un simple commentaire validant un contenu illicite expose à des poursuites », avait averti le Parquet.
Les autorités entendent ainsi distinguer la liberté d’expression, garantie à tous, de l’injure gratuite, de la diffamation et des appels à la haine.
Un an après son arrestation, la question reste posée : combien de temps encore Marguerite Gnakadé restera-t-elle derrière les barreaux avant que la justice ne se prononce ?







