Ce 28 juillet, le Togo se joint à la communauté internationale pour la Journée mondiale contre l’hépatite. L’occasion de rappeler une réalité sanitaire souvent ignorée : près de 15% de la population togolaise vit avec le virus de l’hépatite B. Dans certaines régions du Nord, ce taux grimpe jusqu’à 35%, rapporte la Ligue togolaise de lutte contre les hépatites.
Une maladie silencieuse qui peut évoluer en cirrhose ou en cancer du foie sans qu’aucun symptôme ne soit ressenti pendant des années. Pourtant, des solutions existent : vaccination, dépistage gratuit, traitements efficaces. Encore faut-il les connaître et y avoir accès.
Qu’est-ce que l’hépatite et pourquoi faut-il s’en préoccuper ?
L’hépatite est une inflammation du foie. Dans la plupart des cas au Togo, elle est causée par une infection virale (hépatite B ou C). Le foie joue un rôle vital : il filtre le sang, aide à la digestion et stocke l’énergie. Lorsqu’il est inflammé, ses fonctions se dégradent progressivement.

Le danger ? L’hépatite évolue souvent en silence. On peut être porteur du virus pendant dix, vingt ans sans jamais ressentir le moindre signe. Fatigue inhabituelle, troubles digestifs, nausées : quand les symptômes apparaissent, ils sont si banals qu’ils passent inaperçus. Résultat : beaucoup de Togolais découvrent leur séropositivité à un stade avancé, alors que le foie est déjà endommagé.
Comment se transmet l’hépatite au Togo ?
Les modes de transmission varient selon le type de virus :
| Virus | Mode de transmission |
|---|---|
| Hépatite A | Eau ou aliments contaminés |
| Hépatite B | Sang, rapports sexuels non protégés, de la mère à l’enfant à la naissance |
| Hépatite C | Sang : partage de matériel d’injection, transfusions non sécurisées |
Au Togo, l’hépatite B est la plus répandue. Elle touche particulièrement les jeunes adultes. Les hommes, les personnes de plus de 30 ans et certains corps de métier (personnel de santé, coiffeurs, tatoueurs) présentent une vulnérabilité accrue.
Les populations du Nord particulièrement exposées
D’après le rapport de la Ligue togolaise de lutte contre les hépatites, la situation est préoccupante dans la région des Savanes, où la prévalence atteint 35%. Plusieurs facteurs expliquent cette disparité : moindre accès aux structures de santé, faible couverture vaccinale, et traditions locales qui peuvent favoriser la transmission (tatouages, scarifications, circoncises traditionnelles avec instruments non stérilisés).
Face à cette réalité, des associations locales et la Ligue togolaise de lutte contre les hépatites mènent des actions de terrain. Plaidoyer, dépistage mobile, sensibilisation : ces structures font un travail essentiel pour atteindre les populations les plus reculées.
Vaccination et dépistage : les armes pour se protéger
La bonne nouvelle, c’est que l’hépatite B se prévient par un vaccin efficace et sûr. Le Togo a fait des progrès significatifs dans la vaccination infantile, mais les adultes restent souvent non vaccinés. Le dépistage, lui, se fait par une simple prise de sang. Il est recommandé à toute personne qui n’a jamais été testée, surtout si elle appartient à un groupe à risque.
Où se faire dépister et vacciner à Lomé ?
| Structure | Adresse / Quartier |
|---|---|
| Institut National d’Hygiène (INH) | Lomé |
| Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) | Lomé |
| CHU Sylvanus Olympio | Lomé |
| CHU Campus | Lomé |
| Hôpital de Bè | Lomé |
| CMS Doumassessé | Lomé |
| CMS Nukafu | Lomé |
| CMS Agoë-Nyivé | Lomé |
| Das Labor (privé) | Lomé |
Le coût du diagnostic et du traitement complet en trois doses reste un frein pour de nombreux Togolais. C’est pourquoi les associations plaident pour une prise en charge publique plus large, notamment via la Couverture Maladie Universelle.
Hépatite aiguë ou chronique : quelle différence ?
Lorsqu’on contracte le virus, on parle d’hépatite aiguë dans les premiers mois. Cette phase peut passer totalement inaperçue. Si le virus persiste au-delà de six mois, l’hépatite devient chronique. C’est le cas pour les hépatites B et C.
Sans suivi médical, l’inflammation chronique peut évoluer en fibrose, puis en cirrhose, et parfois en cancer du foie. Mais avec un diagnostic précoce et un traitement adapté, il est possible de contrôler l’infection, voire de guérir dans le cas de l’hépatite C.
Que faire si vous êtes concerné ?
Si vous avez un doute, si vous n’avez jamais été testé, ou si vous appartenez à un groupe à risque, la première étape est simple : allez vous faire dépister. Un test de sérologie permet de savoir si vous êtes porteur du virus. Si c’est le cas, un médecin vous orientera vers un suivi adapté.
Les traitements antiviraux existent et sont efficaces. Ils permettent de réduire la charge virale, de protéger le foie et de prévenir les complications. Dans tous les cas, un accompagnement médical régulier est nécessaire.
L’hépatite n’est pas une maladie lointaine. Elle touche des proches, des voisins, des collègues. Elle peut toucher n’importe qui. Mais elle peut aussi être évitée, dépistée et traitée. La Journée mondiale du 28 juillet est une occasion de briser le silence, de parler de ce tabou sanitaire et d’inciter chacun à faire le test.







