La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de franchir une nouvelle étape dans l’intégration financière de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À compter du 2 novembre 2026, les transactions de monnaie électronique interopérables entre particuliers devront obligatoirement transiter par sa plateforme régionale PI-SPI.
Une décision qui concerne directement le Togo, où le mobile money occupe une place centrale dans le quotidien des ménages et des commerçants.
Ce que la BCEAO impose à partir du 2 novembre 2026
Selon la BCEAO, cette obligation s’appliquera aux transferts effectués entre différents réseaux de monnaie électronique, sans que l’expéditeur et le bénéficiaire aient besoin d’utiliser le même opérateur. L’infrastructure régionale relie déjà les banques, les établissements de monnaie électronique, les institutions de microfinance et les établissements de paiement implantés dans les huit pays de l’Union.

L’institution basée à Dakar précise que sa plateforme compte désormais 175 participants et donne accès aux paiements instantanés à plus de 38 millions de personnes. Initialement prévue pour le 30 juin 2026, l’échéance de connexion des banques et établissements de paiement avait été reportée au 30 septembre 2026, afin de laisser aux acteurs le temps de finaliser leur intégration technique. Les institutions de microfinance, quant à elles, disposent d’un délai supplémentaire courant jusqu’au 30 juin 2027.
Une tarification qui bouscule les habitudes
La mesure s’accompagne d’un changement tarifaire significatif. Les transferts nationaux dont le montant cumulé quotidien est inférieur ou égal à 8 000 FCFA seront gratuits, indique la BCEAO. Ce seuil couvrirait environ 75 % des transactions de monnaie électronique réalisées dans l’Union. À la réception, les transferts demeureront gratuits, sans limite de montant.
Pour les consommateurs togolais, cette évolution pourrait représenter un réel allègement du coût des transactions quotidiennes. Mais elle modifie en profondeur l’équation économique des opérateurs, qui tiraient jusqu’ici une part importante de leurs revenus des commissions prélevées sur les transferts.
Ce que la plateforme PI-SPI change pour le Togo
Le Togo figure parmi les marchés les plus concernés par cette montée en puissance. En avril 2026, Mixx Togo a rejoint PI-SPI, permettant à ses utilisateurs d’effectuer des transferts instantanés entre portefeuilles mobiles, banques et institutions de microfinance dans les huit pays de l’UEMOA. Le service intègre également les paiements marchands par QR code interopérable.
Les chiffres illustrent l’ampleur de l’enjeu local : à fin 2024, le Togo comptait 12,55 millions de comptes de monnaie électronique ouverts, dont 6,07 millions actifs, soit une progression de 76,87 % en un an. Le réseau dénombrait par ailleurs plus de 81 000 points de service et près de 5 800 commerces acceptant les paiements électroniques.
Pour Mixx by Yas et Moov Money, qui dominent le mobile money local, la gratuité imposée sur une large partie des transferts devrait réduire les revenus issus des commissions. Une pression qui intervient dans un marché où les banques accélèrent leur digitalisation, proposant désormais ouverture de compte, paiements et virements depuis leurs applications mobiles.








