Cinq mois après être devenue maman pour la deuxième fois, Clarisse Agbégnénou est déjà de retour sur le devant de la scène. Ce week-end, la judokate franco-togolaise de 33 ans a décroché la médaille de bronze au Grand Slam de Lausanne, dans la catégorie des -63 kg.
Une performance exceptionnelle, d’autant plus remarquable qu’elle a été réalisée entre deux séances d’allaitement. La Fédération internationale avait d’ailleurs installé une salle d’allaitement près de la zone d’échauffement pour accompagner la championne dans cette aventure hors norme.
Un retour soigneusement préparé
La naissance de son fils, Dakota, il y a cinq mois, n’a pas arrêté l’ambition de Clarisse Agbégnénou. Mais elle a su prendre le temps nécessaire pour respecter son corps et sa santé. « Une femme cinq mois post-partum n’a pas à faire une compétition de judo, reconnaît-elle. Mais j’ai respecté mon corps : périnée, renfo, perte de poids, tout a été encadré. Je ne suis pas allée plus loin que ce que je pouvais faire. »

Un retour encadré par une équipe de professionnels, avec le soutien de sa famille, de son staff et de sa nutritionniste. « J’ai un véritable village autour de moi », confie-t-elle.

Une médaille pleine d’émotion
Ce bronze à Lausanne n’est pas une médaille comme les autres. Clarisse l’a dédiée à son père, disparu en avril dernier. « Je pense fort à mon père. Il est parti depuis peu, je sens qu’il me suit. C’est dur de ne pas le voir là, il venait à toutes les compétitions. C’est ma première compétition sans lui. Je lui dédie cette médaille. »
Un message émouvant qui montre à quel point ce retour était chargé d’émotion.
Le palmarès exceptionnel de Clarisse Agbégnénou

Clarisse Agbégnénou, née à Rennes de parents togolais, est l’une des plus grandes judokates de l’histoire. Son palmarès est impressionnant :
- Médaillée olympique : argent en 2016, triplé d’or en 2021 (individuel et par équipes), bronze en 2024
- Six titres de championne du monde (2014, 2017, 2018, 2019, 2021, 2023)
- Cinq couronnes européennes
Une référence absolue de la catégorie des -63 kg.
Un dernier rêve : Los Angeles 2028
À 33 ans, la championne a encore un dernier grand objectif en tête : les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Une échéance qu’elle aborde avec détermination, avant de mettre un terme à son immense carrière. Un rêve olympique qui passe par des étapes comme celle de Lausanne. Et qui, pour une maman championne, semble plus que jamais accessible.








