La situation devient de plus en plus préoccupante à Fondah, localité située dans le canton de Tchébébé, où les tensions liées à la transhumance ont viré à des affrontements violents entre agriculteurs et éleveurs. Un conflit qui met en péril la cohésion sociale et l’économie locale dans la commune de Sotouboua 3.
À l’origine de la crise : la divagation des troupeaux, accusés de ravager régulièrement les cultures. Riz, maïs, manioc… les pertes sont considérables pour les agriculteurs, dont certains affirment avoir vu plusieurs années d’investissements partir en fumée.
Un habitant, visiblement marqué, raconte avoir perdu l’ensemble de ses plantations, transformées en « désert » après le passage des bœufs. Une situation qui alimente frustration et colère au sein de la population rurale.
Des tensions qui dégénèrent en violences
Face à l’absence de solutions concrètes, la situation a dégénéré en affrontements en janvier 2026. Plusieurs personnes ont été grièvement blessées à la machette lors d’altercations entre cultivateurs et bouviers.
Excédés, certains jeunes du village ont choisi de se faire justice eux-mêmes, abattant plusieurs bœufs et en blessant d’autres. Une réaction qui a rapidement entraîné une intervention des forces de l’ordre.
Interpellations et sentiment d’injustice
Le 2 mars 2026, cinq jeunes de Fondah ont été arrêtés puis transférés à la prison civile de Sokodé. Ils sont poursuivis pour abattage volontaire et association de malfaiteurs. Dans la localité, cette réaction rapide des autorités contraste fortement, selon les habitants, avec le manque d’actions face aux destructions de cultures. Un sentiment d’injustice qui accentue les tensions.
Aujourd’hui, plusieurs jeunes ont quitté le village par crainte d’arrestations, tandis que le climat d’insécurité freine déjà les préparatifs de la prochaine saison agricole. Le chef du canton de Tchébébé reconnaît la gravité de la situation et appelle à l’apaisement.
Il indique avoir engagé des démarches de médiation pour tenter de résoudre le conflit, tout en facilitant la prise en charge de certaines victimes. L’objectif : parvenir à un règlement à l’amiable et restaurer un climat de confiance entre les différentes parties.
Un problème national récurrent
Le conflit de Fondah illustre une problématique plus large au Togo : celle de la gestion de la transhumance, souvent source de tensions entre agriculteurs et éleveurs.
Face à la récurrence de ces crises, plusieurs observateurs appellent à un meilleur encadrement des déplacements de troupeaux, la mise en place de mécanismes d’indemnisation efficaces et une justice équitable pour toutes les parties.
Sans mesures rapides et durables, ces conflits pourraient continuer à fragiliser la stabilité sociale dans plusieurs zones rurales du pays.











