Le Togo bénéficiera prochainement d’un nouveau programme régional de renforcement des systèmes de santé, financé à hauteur de 14,26 millions de dollars par le Fonds africain de développement, guichet concessionnel de la Banque africaine de développement (BAD). Une initiative qui place le Togo au cœur d’une stratégie sanitaire ouest-africaine inédite.
Un programme régional pour sept pays d’Afrique de l’Ouest
Mis en œuvre par l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), ce programme concerne sept pays : le Togo, le Bénin, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria et la Sierra Leone. L’objectif est clair : améliorer la qualité des soins et renforcer la préparation aux urgences sanitaires dans une région confrontée à des défis épidémiologiques récurrents.
Parmi les actions phares figure la création d’un laboratoire transfrontalier « Une seule santé », destiné à renforcer la surveillance épidémiologique à l’échelle régionale. Ce dispositif permettra de détecter plus rapidement les épidémies et de coordonner les réponses entre les pays membres.
Pourquoi ce programme est crucial pour la santé régionale au Togo
Le Togo, pays carrefour en Afrique de l’Ouest, est particulièrement exposé aux risques sanitaires transfrontaliers. Les épidémies de fièvre hémorragique, de choléra ou encore de fièvre jaune ne connaissent pas de frontières. Une coordination régionale est donc essentielle pour protéger efficacement les populations.
Le programme prévoit également le renforcement des capacités de contrôle et de réglementation pharmaceutique. Un enjeu majeur pour le Togo, où la circulation de médicaments contrefaits reste une préoccupation de santé publique.
Une approche « Une seule santé » pour des défis communs
L’approche « Une seule santé » (One Health) reconnaît l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Pour le Togo, cette vision est particulièrement pertinente. Les maladies zoonotiques, transmises de l’animal à l’homme, représentent une menace constante dans les zones rurales où l’élevage et l’agriculture cohabitent étroitement.
Le laboratoire transfrontalier permettra de mutualiser les ressources, d’échanger les données épidémiologiques et de coordonner les réponses entre les sept pays participants.
« Le caractère transfrontalier des risques sanitaires dans la région de la Cédéao nécessite des solutions régionales coordonnées ayant des effets positifs collectifs au-delà de chaque pays pris individuellement », a souligné Lamine Barrow, directeur général du Groupe de la Banque pour l’Afrique de l’Ouest.
Cette déclaration résume l’essence du programme : face aux épidémies, l’entraide régionale est plus efficace que l’action isolée. Le Togo, en tant que bénéficiaire de ce programme, renforce ainsi sa capacité à répondre aux crises sanitaires tout en contribuant à la sécurité sanitaire de toute la sous-région.










