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Le constat est dur, mais nécessaire. Au Togo, les victimes d’accidents corporels ne souffrent pas seulement de ses blessures physiques. Elles endurent également une lourde peine administrative, financière et sociale. Face à cette réalité, le ministre chargé des Assurances, Jean-Marie Tessi, a réuni les acteurs du secteur lundi à Lomé.
L’objectif de cette rencontre : trouver des solutions pour que les indemnisations soient versées plus rapidement. Car aujourd’hui, le système est grippé. « Si nous ne pouvons pas toujours empêcher la survenue d’un accident, nous avons le devoir absolu d’éviter la double peine aux victimes », a déclaré le ministre. Une formule qui résume tout l’enjeu : ne pas ajouter de la souffrance à la souffrance.
Pour expliquer ces retards, Jean-Marie Tessi a décrit la longue chaîne qui mène à l’indemnisation. Elle commence par le secouriste, puis passe par le policier ou le gendarme qui constate les faits. Vient ensuite le médecin qui soigne et certifie les blessures, l’assureur qui indemnise, le magistrat qui tranche et l’avocat qui défend.
Or, comme l’a souligné le ministre, « cette chaîne ne vaut que par son maillon le plus faible ». Et force est de constater que les faiblesses sont nombreuses. Le gouvernement pointe du doigt des évaluations divergentes du préjudice, qui ouvrent la porte à l’arbitraire. Il dénonce également un manque criant de coordination entre les différents intervenants. Résultat : des victimes qui attendent des mois, voire des années, avant de voir la couleur de leur indemnisation.
Pour le ministre, la situation n’est plus tenable. « Cette attente transforme une victime en un oublié. Cette situation n’est plus acceptable. Le temps n’est plus au constat, mais à la transformation méthodique de notre chaîne d’indemnisation », a-t-il martelé.
Les retards sont devenus des « habitudes ». Il faut donc changer de méthode. L’objectif de cette rencontre est de poser les bases d’une réforme profonde, pour fluidifier le processus et garantir aux victimes une prise en charge rapide et équitable.
Pour les familles touchées par un accident, ces annonces sont un espoir. Une indemnisation rapide permet de payer les frais médicaux, de compenser la perte de revenus et de reconstruire une vie souvent brisée.
La rencontre de Lomé n’est que la première étape. Elle se poursuivra à Kara les 29 et 30 octobre, pour toucher l’ensemble du territoire. Reste désormais à traduire ces belles paroles en actes concrets. La balle est dans le camp des assureurs, des magistrats et de l’administration, appelés à travailler main dans la main pour que la double peine ne soit plus qu’un mauvais souvenir.