Tabaski 2026 : pourquoi un mouton coûte jusqu’à 300 000 FCFA au Togo ?

Tabaski 2026 : pourquoi un mouton coûte jusqu'à 300 000 FCFA au Togo ?
Homme Allié

C’est la douche froide à quelques jours de la Tabaski 2026. Les marchés de bétail de Lomé affichent des prix qui donnent le vertige. Un bon mouton se négocie désormais entre 150 000 et 300 000 francs CFA, contre 50 000 à 100 000 francs l’année dernière. Les bœufs, eux, frôlent le million.

Une flambée brutale qui intervient au pire moment. En cause : la suspension des exportations par le Niger et le Burkina Faso, principaux fournisseurs de la sous-région. Résultat : les familles togolaises, déjà éprouvées par la cherté de la vie, doivent revoir leurs budgets à la baisse ou renoncer au sacrifice rituel.

Selon Alidou Alassani, président de la FENAPBVITO (Fédération nationale des acteurs de la production animale, de la boucherie, de la viande et des métiers annexes du Togo) : « La situation est très grave. On sait qu’au moment des fêtes, ce sont ces deux pays qui fournissent beaucoup de bétail, surtout les moutons, et aussi les bœufs à d’autres pays de la sous-région. »

L’embargo qui grippe la filière

La principale explication de cette flambée est d’ordre géopolitique. Le Niger et le Burkina Faso, qui approvisionnent massivement les pays côtiers en bétail à l’approche des grandes fêtes religieuses, ont suspendu jusqu’à nouvel ordre toute exportation. Cette décision prive brutalement le marché togolais d’un apport essentiel.

Rappel des prix (comparaison) :

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Type d’animalPrix en 2025Prix en 2026
Mouton (entrée de gamme)50 000 FCFA150 000 FCFA
Mouton (qualité)100 000 FCFA250 000 – 300 000 FCFA
BœufEnviron 500 000 FCFAJusqu’à 1 million FCFA

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour une famille moyenne, un mouton à 250 000 FCFA est tout simplement inaccessible.

La crise sécuritaire aggrave le tableau

Au-delà de l’embargo, la dégradation du contexte sécuritaire au Sahel complique davantage la mobilité des troupeaux. Les convois d’animaux se heurtent à des contrôles renforcés aux checkpoints, y compris à l’intérieur du territoire togolais.

Les professionnels de la filière déplorent cette situation. Le commerce ne devrait pas être freiné à ce niveau. Mais la menace terroriste et l’insécurité dans la région obligent les autorités à multiplier les contrôles. Les transporteurs de bétail subissent des retards, des taxes informelles, et parfois des refus de passage.

Des solutions d’urgence, mais pas durables

Dans l’immédiat, pour sauver la Tabaski, les commerçants se sont tournés vers des fournisseurs de substitution. Le Bénin et le Nigeria ont été sollicités pour compenser le déficit d’approvisionnement. Mais ces pays ne sont pas en mesure de remplacer totalement le volume habituellement fourni par le Niger et le Burkina Faso.

Les prix restent donc très élevés. Les moutons importés du Bénin ou du Nigeria sont aussi plus chers, en raison des coûts de transport et des taxes à l’importation.

Un appel à investir dans l’élevage local

Face à cette crise, la FENAPBVITO appelle les autorités togolaises à investir davantage dans l’élevage local et à diversifier structurellement les sources d’approvisionnement.

Le constat est amer : le Togo dépend très fortement des importations de bétail pour les grandes fêtes religieuses. Or, quand les pays fournisseurs ferment leurs frontières ou suspendent leurs exportations, c’est tout le marché local qui s’effondre.

Pour éviter que ce scénario ne se reproduise à chaque Tabaski, plusieurs solutions s’imposent. Le soutien à l’élevage local (subventions, formation, infrastructures). La diversification des pays fournisseurs (ne pas dépendre uniquement du Niger et du Burkina). La mise en place de stocks stratégiques de bétail (constitués avant les fêtes). La facilitation des circuits d’approvisionnement (couloirs sécurisés, contrôles allégés pour le bétail).

Pour les familles togolaises, la situation est dramatique. La Tabaski est l’une des fêtes les plus importantes du calendrier musulman. Le sacrifice du mouton est un pilier de la célébration. Mais avec des prix multipliés par trois ou quatre, beaucoup de familles ne pourront pas acheter de mouton cette année.

Certaines se rabattront sur des animaux plus petits (chèvres, agneaux). D’autres partageront un mouton à plusieurs familles. Beaucoup renonceront tout simplement.

La Tabaski 2026 sera célébrée. Les prières seront dites. Les familles se réuniront. Mais pour beaucoup, il manquera l’essentiel : le mouton du sacrifice. Ou plutôt, le mouton à un prix abordable.

Sources : Agridigitale.net

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