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Subvention du carburant : l’État ajoute 20 milliards FCFA au budget 2026
Subvention du carburant au Togo : le projet de budget rectificatif 2026 ajoute 20 milliards FCFA et la porte à 34,2 milliards, sans baisse annoncée à la pompe.

Le gouvernement togolais veut porter de 14,2 à 34,2 milliards FCFA la subvention du carburant et du pétrole lampant en 2026. La mesure figure dans le projet de loi de finances rectificative adopté en Conseil des ministres le jeudi 22 octobre 2026. Elle ne touche pas au prix à la pompe dans l’immédiat, mais elle montre ce que la hausse coûte à l’État.
Subvention du carburant : 20 milliards de plus, pris sur d’autres dépenses
Le chiffre se trouve à la page 5 de l’exposé des motifs du projet de loi, un document de sept pages mis en ligne sur le site du ministère des Finances. Il y est question d’un « relèvement de 20 milliards de francs CFA de la subvention aux produits pétroliers ».
Le budget voté pour 2026 prévoyait 14,2 milliards pour soutenir les prix à la pompe, contre 25 milliards en 2025. Avec cette rallonge, l’enveloppe monte à 34,2 milliards, comme l’a aussi relevé le site économique Togo First. L’État avait réduit cette aide en début d’année. Il dépassera finalement son niveau de l’an dernier.
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Le total des transferts courants, le poste qui contient cette subvention, ne grimpe pourtant pas. Il recule même, de 248,8 à 246,8 milliards FCFA. Le texte l’explique par une meilleure « maîtrise » des crédits de transferts. Le calcul est simple : si la subvention gagne 20 milliards et que le poste en perd 2, quelque 22 milliards ont été retirés ailleurs dans ce même poste. Le document ne dit pas lesquels.

La guerre au Moyen-Orient en toile de fond
Le gouvernement justifie ce budget révisé par « un contexte international dégradé ». D’après le document, le conflit au Moyen-Orient a entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz et endommagé des installations de production. Résultat attendu : un pétrole brut environ 32 % plus cher en 2026 qu’en 2025.
Le Togo importe tous ses produits pétroliers et n’a donc aucun amortisseur naturel. L’exposé des motifs attribue d’ailleurs à cette hausse l’essentiel du léger recul de la croissance attendue, désormais de 6,3 % pour 2026, soit 0,2 point de moins que les projections de septembre 2025. Le Togo n’est pas seul : sept des huit pays de l’UEMOA ont augmenté leurs prix, seul le Niger faisant exception.
Le scénario mondial repris dans le document suppose une réouverture du détroit et un retour progressif à la normale d’ici mars 2027. La pression sur les prix pourrait donc durer encore plusieurs mois.
Prix du carburant au Togo : deux hausses à la pompe en 2026
La subvention du carburant n’a pas empêché les augmentations. Les tarifs ont été relevés le 27 mai, puis le 11 septembre. Voici les prix en vigueur depuis septembre, avec ceux de mai entre parenthèses :
- super sans plomb : 817 FCFA le litre (725 FCFA) ;
- gasoil : 766 FCFA (750 FCFA) ;
- mélange deux temps : 896 FCFA (811 FCFA) ;
- pétrole lampant : 1 056 FCFA (1 040 FCFA).
Avant le 27 mai, le litre de super coûtait 680 FCFA et celui de gasoil 695 FCFA. Sur dix litres de super, cela fait 8 170 FCFA aujourd’hui contre 6 800 FCFA avant la hausse de mai, soit 1 370 FCFA de plus.
Ce que cela change pour les consommateurs
À la station, rien pour l’instant. Le document n’annonce ni baisse ni gel des prix, et les tarifs du 11 septembre restent les derniers publiés à notre connaissance. La subvention sert à payer une partie du coût réel à la place de l’acheteur : elle atténue le choc sans le supprimer, et le mécanisme d’ajustement peut encore faire bouger les prix.
La facture se retrouve dans les comptes publics. Le déficit passe de 206,6 milliards FCFA (3 % du PIB) à 247,6 milliards (3,4 % du PIB). Le gouvernement attribue cette dégradation surtout au renforcement des mesures en faveur des conditions de vie, sans détailler chacune d’elles. Le budget total, lui, baisse légèrement, de 2 751,5 à 2 744,2 milliards FCFA.
Pour le transport, une autre mesure s’applique depuis le 1er juillet : les bus, autocars et poids lourds paient moins cher aux péages.
Ce qui n’est pas encore connu
Le texte reste un projet, soumis à la délibération de l’Assemblée nationale, et ses montants peuvent évoluer. Il ne précise ni la répartition de l’enveloppe entre l’essence, le gasoil et le pétrole lampant, ni l’aide accordée par litre. On ignore aussi quelle part des 34,2 milliards a déjà été dépensée. Les décisions du Conseil des ministres du 22 octobre n’en disaient pas davantage.
Source : ministère des Finances, exposé des motifs du projet de loi de finances rectificative 2026, daté du 22 octobre 2026 ; Togo First, 4 novembre 2026.
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