Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, poursuit son plaidoyer international pour une nouvelle représentation cartographique du monde. Dans un entretien accordé à Brut, le chef de la diplomatie togolaise a défendu l’abandon de la projection Mercator au profit de la projection Equal Earth, jugée plus fidèle à la réalité géographique du continent africain.
Portée par le Togo au sein de l’Union africaine, cette initiative vise désormais l’adoption d’une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies. Pour Robert Dussey, il s’agit avant tout d’une démarche scientifique destinée à corriger une représentation jugée inexacte de l’Afrique sur les cartes utilisées dans le monde.
Le Togo veut corriger la représentation de l’Afrique
Dans son entretien, Robert Dussey explique que la projection Mercator donne une perception erronée des dimensions du continent africain. « Quand on compare l’Afrique au Groenland sur les cartes actuelles, on a l’impression que les deux ont la même dimension. Or ce n’est pas vrai », a déclaré le ministre togolais.
Selon lui, la projection Equal Earth, adoptée en 2018, représente plus fidèlement les proportions réelles des continents. Le chef de la diplomatie togolaise précise qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre Gerardus Mercator, le cartographe flamand à l’origine de cette projection utilisée depuis plusieurs siècles.
« Ce n’est pas un instrument politique dirigé contre qui que ce soit. C’est une vérité scientifique », a affirmé Robert Dussey. Le ministre souligne également que cette initiative s’inscrit dans une volonté de construire « un narratif africain » et de défendre les intérêts du continent.
Une initiative portée par l’Union africaine
Robert Dussey indique que le Togo a été mandaté par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour porter cette question au sein de l’Union africaine. Selon le ministre, la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine a adopté le 17 février dernier une décision en faveur de la correction de la carte Mercator.
Le Togo travaille désormais avec la Commission de l’Union africaine pour convaincre les États membres des Nations unies d’adopter une résolution sur cette question. Le ministre reconnaît toutefois l’existence d’importants enjeux financiers liés à un éventuel changement de projection cartographique.
« Les livres d’histoire, les livres de géographie, les puces électroniques, les GPS, tout cela a été fabriqué en tenant compte de la projection Mercator », a-t-il expliqué.
Malgré ces contraintes, Robert Dussey estime que la « vérité scientifique » doit primer. L’initiative s’inscrit également dans le cadre du thème adopté par l’Union africaine en 2025 sur la réparation des crimes liés à l’esclavage et à la colonisation.











