Le Togo au cœur des statistiques africaines. Du 15 au 19 juin 2026, Lomé abrite un atelier régional des Nations Unies consacré au Programme mondial de recensements de la population et de l’habitat du cycle 2030.
Organisé par le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA-WCARO), en partenariat avec l’INSEED Togo, l’UNECA, l’ONS-UK et l’UNSD, l’événement réunit une soixantaine de responsables des instituts nationaux de statistique des pays francophones. Objectif : préparer le grand comptage de la décennie à venir, avec des normes révisées et des méthodes innovantes.
Pourquoi ce rendez-vous à Lomé est crucial ?
Les recensements généraux de la population et de l’habitat (RGPH) sont la colonnes vertébrale des statistiques nationales. Ils permettent de connaître le nombre d’habitants, leur répartition géographique, leur âge, leur niveau d’éducation, leurs conditions de logement, etc. Sans recensement, pas de planification. Sans planification, pas de développement.
Le Programme mondial de recensement de la population et de l’habitat de 2030, approuvé par la 56ᵉ session de la Commission de statistique des Nations Unies, vise à ce que tous les pays réalisent au moins un recensement entre 2025 et 2034. L’atelier de Lomé prépare cette échéance.
Le Togo, carrefour des statisticiens africains
L’atelier se tient à Lomé grâce au partenariat entre l’UNFPA-WCARO et l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques du Togo (INSEED).
Chiffres clés :
- 70 participants et facilitateurs attendus
- 5 jours de travaux (15-19 juin 2026)
- 15 pays francophones représentés
- Langues : français avec interprétation simultanée en anglais
Parmi les participants : responsables des instituts nationaux de statistique, coordinateurs de recensement, hauts cadres professionnels, gestionnaires en cartographie, traitement des données, TIC.

Des normes internationales révisées pour le cycle 2030
La Version 4 des Principes et Recommandations (P&R Rév.4) , adoptée par la 56ᵉ Commission de Statistique des Nations Unies, est au cœur des discussions. Elle met l’accent sur :
- L’intégration des données géospatiales (géoréférencement)
- L’utilisation des registres administratifs
- Les nouveaux thèmes fondamentaux (migration, changements climatiques, inclusion numérique)
- La planification des mesures de contingence (comme lors du Covid-19)
- Les cadres d’assurance qualité
- Les stratégies de communication et de diffusion
L’innovation au service du recensement 2030
L’atelier explore plusieurs innovations méthodologiques pour le cycle 2030 :
- CAPI et CAWI (collecte par tablette et en ligne)
- Collecte multimodale des données
- Utilisation des données administratives pour compléter ou remplacer les questionnaires traditionnels
- Coopération Sud-Sud pour partager les expertises entre pays africains
L’objectif à long terme : permettre à certains pays de réaliser des recensements fondés sur les données administratives, un gain de temps et d’argent considérable.
Le choix du Togo n’est pas un hasard. L’INSEED, sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances, jouit d’une réputation solide dans la sous-région. Le Togo a déjà conduit plusieurs recensements (dernier en 2010, en cours de préparation pour le cycle 2030). Lomé offre également une infrastructure hôtelière et logistique adaptée aux conférences internationales.










