Le Conseil des ministres du 4 août 2026 à Lomé, sous la présidence du chef de l’État, Faure Gnassingbé, a été le lieu d’importantes décisions.
Au programme : deux projets de loi, trois décrets et trois communications. Tour d’horizon des décisions qui vont impacter les Togolais dans les mois à venir.
Projet de loi n°1 : le Togo rejoint l’élite de la biotechnologie mondiale
Le Togo a franchi un pas décisif dans le domaine des sciences de la vie. Le Conseil a adopté le projet de loi autorisant l’adhésion du pays au Centre international pour le génie génétique et la biotechnologie (ICGEB).

Créée en 1983 à Madrid, cette organisation de coopération scientifique est un véritable laboratoire d’excellence où se croisent chercheurs, étudiants et experts internationaux. Pour le Togo, intégrer ce cercle, c’est ouvrir une porte vers la recherche, l’innovation et le transfert de technologies dans les sciences de la vie.
Ce que ça change pour le Togo
Grâce à cette adhésion, les institutions togolaises, les universités, les enseignants-chercheurs et surtout les étudiants vont pouvoir accéder à des programmes de formation pointus, des bourses d’études, des mobilités scientifiques et des projets collaboratifs. Quatre domaines prioritaires sont visés : la santé, l’agriculture, la sécurité alimentaire et la protection de l’environnement.
Concrètement, cela pourrait se traduire par des avancées dans la lutte contre les maladies, l’amélioration des rendements agricoles ou encore la préservation des écosystèmes togolais.
Projet de loi n°2 : fin des tracasseries administratives pour les documents officiels
Le deuxième projet de loi adopté autorise l’adhésion du Togo à la Convention Apostille, signée à La Haye en 1961. Cette convention internationale supprime l’obligation de faire légaliser les actes publics étrangers par une longue procédure diplomatique.
Ce que ça change pour les Togolais
Pour un Togolais qui souhaite étudier, travailler ou investir à l’étranger, c’est une révolution. À la place des démarches interminables entre ministères, ambassades et services d’état civil, une seule formalité unique suffira : l’apposition d’un cachet appelé « apostille » par l’autorité compétente.
Cette adhésion présente trois avantages majeurs :
- La réduction des formalités administratives
- Le renforcement de la sécurité juridique des échanges internationaux
- La lutte contre la fraude documentaire
C’est aussi un signal fort envoyé aux investisseurs : un pays qui simplifie ses procédures est un pays qui facilite les affaires.
Décret n°1 : 23 nouveaux magistrats civils pour renforcer la justice
Le Conseil a adopté le décret portant nomination de 23 magistrats stagiaires. Ces auditeurs de justice, ayant achevé leur formation au Centre de formation des professions de justice, intègrent désormais le corps de la magistrature civile.
Cette nomination est intervenue après avis favorable du Conseil supérieur de la magistrature. Les nouveaux magistrats sont désormais habilités à exercer leurs fonctions.
Ce que ça change pour les justiciables
Cette vague de recrutement contribuera à consolider les effectifs des juridictions et à améliorer le fonctionnement du service public de la justice. Pour les Togolais, c’est un gage de qualité : avec davantage de magistrats, l’accès à une justice de qualité se rapproche et les délais de traitement des dossiers devraient s’en trouver réduits.
Décret n°2 : 5 magistrats militaires rejoignent les forces de défense
Le Conseil a également adopté le décret portant nomination de 5 magistrats militaires stagiaires. Issus des forces de défense et de sécurité, ils ont eux aussi achevé leur formation au Centre de formation des professions de justice.
Ce que ça change
Ces nominations renforcent les capacités de la justice militaire au Togo, un secteur clé pour le maintien de la discipline au sein des forces armées et la garantie des droits des militaires.
Décret n°3 : une licence IoT pour E-Space Togo, vers des villes plus intelligentes
Le troisième décret adopté autorise la délivrance d’une licence d’établissement et d’exploitation de réseaux de communications électroniques à la société E-Space Togo. Cette licence, d’une durée de cinq ans renouvelable, est dédiée à la fourniture de services basés sur l’Internet des objets (IoT).
Ce que ça change pour les populations
L’Internet des objets, c’est la promesse de villes plus intelligentes, d’une gestion optimisée des ressources et de services publics améliorés. Au Togo, cette technologie pourrait révolutionner la gestion de l’eau, de l’électricité, des transports ou encore de la sécurité.
L’octroi de cette licence s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de renforcement de l’attractivité du secteur des communications électroniques et d’élargissement de l’offre de services numériques innovants.
Communication n°1 : 132 fonctionnaires sanctionnés, dont 78 licenciés
Le ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social a présenté un bilan des sanctions prises entre 2025 et 2026 dans le cadre du renforcement de l’éthique et de la déontologie dans l’administration publique.
Ce qu’il faut retenir
- 132 fonctionnaires ont fait l’objet de sanctions disciplinaires
- 78 d’entre eux ont été licenciés
- Les motifs évoqués : absences irrégulières, abandons de poste, atteintes aux règles d’éthique et de déontologie, fraudes sur des actes ou documents administratifs
Pourquoi c’est important
Ces mesures s’inscrivent dans une démarche permanente de moralisation et de bonne gouvernance administrative. C’est un signal clair : le non-respect des règles a des conséquences. Pour les Togolais, c’est la promesse d’un service public plus efficace, avec des agents pleinement investis dans leurs missions.
Communication n°2 : Lomé plus propre – les nouvelles mesures de salubrité
La salubrité publique à Lomé est un enjeu majeur. Le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme a présenté un plan d’action pour faire face aux défis persistants : capacités de collecte et de traitement des déchets, coordination des acteurs et comportements inciviques.
Les mesures annoncées
- Mise en place d’une brigade de protection du cadre de vie et de salubrité publique
- Entretien des axes prioritaires
- Suppression des dépôts sauvages
- Curage des ouvrages d’assainissement
- Renforcement de la sensibilisation des populations
Ce qui est prévu à long terme
Le gouvernement annonce également la mise en place d’un dispositif intégré de collecte, de traitement et de valorisation des déchets, ainsi que la poursuite des investissements dans les infrastructures d’assainissement.
Le président du Conseil a instruit les ministres concernés d’accélérer la mise en œuvre de ces mesures. Les populations sont appelées à faire preuve de plus de responsabilité et de civisme dans la préservation du cadre de vie.
Communication n°3 : Bilan des inondations à Lomé
Les 28 et 29 juin 2026, des précipitations diluviennes se sont abattues sur le Grand Lomé et plusieurs régions du pays, laissant derrière elles un lourd bilan : cinq morts, plus de 26 000 personnes affectées et des dégâts matériels considérables. Le gouvernement a présenté le bilan et le plan de réponse lors du Conseil des ministres du 4 août 2026. La facture s’élève à plus de 1,14 milliard FCFA.
Les intempéries ont fait cinq victimes et affecté directement 26 603 personnes. Les habitations se sont effondrées, les routes ont été coupées, les ouvrages d’assainissement ont cédé sous la pression des eaux. Dans le Grand Lomé, particulièrement touché, des quartiers entiers se sont retrouvés sous les eaux, contraignant des familles à évacuer dans l’urgence.
Face à l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement a immédiatement activé le dispositif national de réponse aux catastrophes. Sous la coordination du ministère chargé de la Sécurité, l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) et l’ensemble des acteurs de la plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes ont été mobilisés pour organiser les secours et l’assistance aux sinistrés.
Une enveloppe de 1,14 milliard FCFA pour les sinistrés
Pour répondre aux besoins urgents des populations touchées, les autorités ont évalué les besoins d’assistance à 1 142 375 583 FCFA, soit plus de 1,14 milliard de francs CFA. Cette enveloppe permettra de déployer une réponse humanitaire complète comprenant des appuis alimentaires, des kits d’hygiène et d’assainissement ainsi que des kits médicaux.
L’objectif est clair : apporter une aide concrète aux familles sinistrées, leur permettre de se nourrir, de se soigner et de retrouver des conditions de vie dignes dans l’attente d’une reconstruction plus durable.
Le président du Conseil a salué la mobilisation de l’ensemble des acteurs ayant contribué à limiter les conséquences de ces intempéries et a exprimé sa compassion aux familles endeuillées ainsi qu’aux personnes touchées.
Les opérations de secours et d’assistance se poursuivent, tandis que les autorités travaillent à la mise en œuvre des mesures prévues dans le plan de réponse. Les populations sont appelées à la vigilance et au respect des consignes de sécurité.








