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TOGO

268 morts en 5 ans : le fléau silencieux des morsures de serpent au Togo

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
24 septembre 2026 4 min de lecture
Sensibilisation aux morsures de serpent au Togo

Les morsures de serpent au Togo constituent un fléau silencieux mais bien réel. Plus de 4 000 personnes sont victimes chaque année dans le pays, selon le Dr Gnossiké Piham, coordonnateur national du programme de lutte contre les Maladies tropicales négligées (MTN).

Ces chiffres ont été présentés lors d’une conférence de presse organisée le mercredi 23 septembre 2026 à Lomé, à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux morsures de serpents, célébrée chaque 19 septembre.

Un bilan préoccupant sur cinq ans

Les données présentées par les responsables sanitaires sont alarmantes. Au cours de la période allant de 2020 à 2025, le Togo a enregistré 17 942 cas de morsures de serpent, dont 268 décès. Durant la même période, 27 366 sérums antivenimeux (SAV) ont été administrés aux victimes. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur de la réponse sanitaire, mais aussi des besoins encore considérables.

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Ces statistiques placent les morsures de serpent parmi les urgences médicales les plus fréquentes dans les zones rurales du Togo, où les populations sont en première ligne.

Une subvention pour faciliter l’accès aux soins

Afin de faciliter l’accès aux soins, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures, notamment la subvention de la prise en charge des victimes. Concrètement, le prix des sérums antivenimeux (SAV) subventionnés par l’État est passé de 45 000 FCFA à 15 000 FCFA. Une réduction considérable qui vise à rendre le traitement accessible au plus grand nombre, en particulier aux populations rurales les plus exposées.

Cette subvention témoigne de la volonté des autorités de lutter efficacement contre ce fléau, qui touche majoritairement les agriculteurs et les habitants des campagnes.

Les défis à relever

Malgré ces efforts, plusieurs défis persistent :

  • La formation des professionnels de santé, particulièrement dans les centres de santé périphériques, où les compétences en matière de prise en charge des envenimations restent limitées
  • L’accessibilité aux sérums antivenimeux, dont la disponibilité n’est pas toujours garantie dans toutes les structures sanitaires
  • La sensibilisation des communautés, notamment dans les zones rurales où les pratiques traditionnelles persistent

Ces obstacles freinent la prise en charge rapide et efficace des victimes, alors que chaque minute compte en cas d’envenimation.

« Une morsure de serpent est une urgence médicale »

Le Dr Kokou Wotobé, secrétaire général du ministère en charge de la Santé, a été catégorique : une morsure de serpent doit être considérée comme une urgence médicale. « Toute victime doit être conduite sans délai vers la formation sanitaire la plus proche », a-t-il déclaré. Il a précisé que le sérum antivenimeux, disponible dans les formations sanitaires, constitue le traitement spécifique recommandé contre les envenimations.

Le Dr Wotobé a également appelé les populations à éviter les pratiques traditionnelles telles que les scarifications, les incisions, la pose de garrots ou l’application de produits sur la plaie. Ces pratiques, loin de soigner, peuvent aggraver l’état de la victime et retarder la prise en charge médicale adéquate.

Comment prévenir les morsures de serpent ?

Pour prévenir les morsures, le Dr Gnossike Piham a prodigué plusieurs conseils aux personnes vivant ou travaillant en milieu rural :

  • Porter des bottes lors des travaux champêtres
  • Éviter de séjourner dans des maisons inachevées, qui peuvent servir d’abri aux serpents
  • Rester vigilant dans les zones herbeuses ou broussailleuses
  • Éliminer les abris potentiels autour des habitations

Ces gestes simples peuvent considérablement réduire le risque de morsure, surtout dans les zones où les serpents sont abondants.

Les morsures de serpent font partie des Maladies tropicales négligées (MTN), un groupe de pathologies qui touchent principalement les populations pauvres et rurales. Longtemps ignorées des agendas sanitaires internationaux, elles font l’objet d’une attention croissante depuis quelques années.

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