La liberté sur Internet progresse en Afrique, mais les écarts restent importants entre les pays. Selon un rapport publié en mars 2026 par la plateforme Cloudwards, le Togo se positionne à la 48e place sur 100 dans le classement de la liberté numérique sur le continent. Un score qui le place dans la catégorie des pays à liberté « limitée », aux côtés de l’Algérie, du Burkina Faso, de Djibouti et du Zimbabwe.
Le rapport, intitulé « Mapped: Internet Freedom by Country in 2026 », évalue la liberté sur Internet sur une échelle de 0 à 100, en fonction de plusieurs critères : accès aux contenus politiques et civiques, usage des réseaux sociaux, accès aux VPN, pratiques de censure, blocages de plateformes et sanctions encourues par les internautes.
Des contrastes marqués sur le continent
À l’échelle africaine, plusieurs pays affichent des niveaux relativement élevés de liberté en ligne. Le Cap-Vert (84 points) figure en tête du classement continental, aux côtés de la Côte d’Ivoire et des Seychelles (84 points également). Ils sont suivis par le Bénin, le Niger, la Gambie et le Liberia (76 points), puis le Ghana (72 points).
À l’inverse, des pays comme le Soudan et l’Égypte (12 points) imposent de sévères restrictions, limitant l’expression et l’innovation numériques. Le Togo, avec ses 48 points, se situe dans une zone intermédiaire, aux côtés du Cameroun (56 points), du Rwanda (56 points) ou du Kenya (52 points).
Un score intermédiaire, mais des défis à relever
Le score du Togo (48/100) indique que l’environnement numérique togolais est globalement ouvert, mais avec des limitations notables. Parmi les facteurs qui peuvent influencer ce classement : les pratiques de censure, les blocages ponctuels de plateformes, ou encore les restrictions sur l’utilisation des VPN.
Le rapport évalue également la liberté d’expression en ligne, la possibilité pour les citoyens d’accéder à des contenus politiques et civiques, et les sanctions potentielles encourues par les internautes. Autant d’indicateurs qui reflètent les dynamiques politiques et socioéconomiques propres à chaque pays.
Des coupures d’Internet coûteuses pour l’Afrique
Au-delà des enjeux de gouvernance, les restrictions numériques ont un impact économique significatif. Selon le rapport « The Cost of Internet Shutdowns in 2025 » publié par Top10VPN, les coupures d’Internet ont coûté environ 1,11 milliard de dollars à l’Afrique subsaharienne en 2025.
En 2025, plus de 24 000 heures de coupures ont été recensées, touchant environ 116 millions d’utilisateurs dans la région. Ces interruptions surviennent le plus souvent dans des contextes de tensions politiques, d’élections ou de crises sécuritaires, avec des conséquences directes sur les économies numériques et l’accès aux services essentiels. Sur le plan mondial, les pertes liées à ces coupures sont estimées à 19,7 milliards de dollars.

Vers une amélioration ?
Le Togo, comme de nombreux pays africains, est engagé dans une transformation numérique ambitieuse. Le gouvernement a multiplié les initiatives pour développer l’accès à Internet, notamment à travers le plan Togo Digital et le déploiement de la fibre optique.
Cependant, le score de 48 points souligne la nécessité de poursuivre les efforts en matière de liberté d’expression en ligne et de réduction des restrictions numériques, pour que l’Internet togolais soit non seulement accessible, mais aussi véritablement libre et ouvert.







