Il y a des histoires qui réchauffent le cœur. Celle-ci commence à Montréal, traverse l’Atlantique et atterrit à Kara et à Lomé, avec une raquette comme outil de développement. Félix Auger-Aliassime, cinquième mondial et l’un des joueurs les plus élégants du circuit ATP, a débuté ce mardi 26 mai au Roland-Garros 2026 avec deux objectifs.
Le premier : remporter enfin son premier Grand Chelem. Le second, moins visible depuis les tribunes de la Porte d’Auteuil, mais peut-être plus important à ses yeux : faire en sorte que chaque point gagné sur l’ocre parisienne se transforme en chance pour un enfant togolais. Et son père est originaire du Togo.
Selon Félix Auger-Aliassime : « Parfois quand vous jouez au tennis, vous pouvez être fatigué. Mais j’ai cette motivation supplémentaire. Je ne joue pas que pour moi. »
Un mécanisme simple et beau
Le mécanisme est simple. À chaque point marqué en match, le joueur canadien s’engage à verser cinq dollars à son programme solidaire, les « FAA Points For Change ». Son partenaire BNP Paribas ajoute quinze dollars supplémentaires. Soit 20 dollars par point.
Depuis le lancement du programme il y a cinq ans, ce sont plus de 500 000 dollars qui ont été collectés. 500 000 dollars transformés en écoles, en fournitures, en repas, en bourses d’études.
20 000 bénéficiaires dans la région de Kara
Le programme, baptisé EduChange, cible en priorité la région de Kara, berceau familial du joueur. Plus de 20 000 habitants en ont déjà bénéficié. Des écoles ont été soutenues. Des enfants ont pu aller en classe. Des repas ont été fournis. Des fournitures scolaires ont été distribuées.
Ce n’est pas du mécénat de vitrine. Auger-Aliassime fait le déplacement chaque hiver. Il va sur place, rencontre les enfants, discute avec les responsables locaux. Il mesure l’impact. Il voit les sourires. Et il revient sur les courts avec quelque chose que l’argent n’achète pas : une raison de se battre pour le point de trop.
Des bourses universitaires à Lomé
Depuis peu, le programme s’est étendu. Des bourses universitaires sont désormais attribuées à l’Université de Lomé. Des jeunes Togolais méritants peuvent ainsi poursuivre leurs études supérieures, grâce aux points gagnés sur les courts du monde entier.
C’est un cercle vertueux. Plus Félix gagne de points, plus il aide. Plus il aide, plus il est motivé pour gagner. Et plus il gagne, plus le Togo bénéficie de retombées concrètes.
« Je ne joue pas que pour moi »
La phrase est à méditer. Elle a été confiée par le joueur à Olympics.com en marge du tournoi d’Hambourg la semaine dernière. « Parfois quand vous jouez au tennis, vous pouvez être fatigué. Mais j’ai cette motivation supplémentaire. Je ne joue pas que pour moi. »
Cette motivation supplémentaire, c’est l’éducation des enfants togolais. C’est la construction d’un avenir meilleur pour des milliers de jeunes. C’est le lien invisible mais puissant entre un court de tennis parisien et une école de Kara.
Félix Auger-Aliassime n’est pas seulement un grand joueur de tennis. C’est aussi un ambassadeur naturel pour le Togo. À chaque match, à chaque tournoi, à chaque interview, il rappelle ses origines. Il parle de son père togolais. Il évoque ses projets solidaires. Il donne envie de s’intéresser à ce petit pays d’Afrique de l’Ouest qui lutte pour se développer.











