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TOGO

Fini le papier : ce qui va changer sur la facture des entreprises togolaises

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
15 septembre 2026 3 min de lecture

La transition vers la facturation électronique certifiée (FEC) commence à mobiliser le secteur privé togolais. Une cinquantaine d’opérateurs économiques ont échangé, le jeudi 10 septembre 2026 à Lomé, avec l’Office togolais des recettes (OTR), à l’initiative du Conseil national du patronat (CNP-Togo), sur les implications d’une réforme introduite par la loi de finances 2026.

Un changement plus profond qu’il n’y paraît : la facture ne sera plus seulement une pièce comptable, mais une donnée fiscale directement exploitable par l’administration.

Qu’est-ce qu’une facturation électronique certifiée ?

Le changement est plus profond qu’un simple remplacement de la facture papier par un document numérique. Désormais, la facture doit pouvoir être authentifiée, sécurisée et tracée. Chaque document certifié doit comporter des éléments permettant de vérifier son intégrité :

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  • Un numéro unique
  • Un QR code
  • Une empreinte numérique

Conséquence importante : un simple fichier PDF envoyé à un client ne constitue pas, à lui seul, une facture électronique certifiée. Il faut que le document soit passé par le système de certification de l’administration fiscale.

Quels objectifs pour l’administration fiscale ?

Pour l’administration fiscale, le dispositif doit améliorer la traçabilité des transactions et sécuriser notamment la collecte de la TVA. En rapprochant le moment de la facturation de celui où l’administration dispose de l’information sur la transaction, l’OTR espère réduire les pertes fiscales et lutter plus efficacement contre la fraude.

Pour les entreprises, il implique en revanche une adaptation de plusieurs maillons de leur organisation : comptabilité, fiscalité, systèmes d’information, contrôle interne, mais aussi équipes commerciales.

Deux options pour les entreprises

Deux configurations sont envisagées pour les entreprises :

Première option : recourir aux solutions mises à disposition par l’administration.

Seconde option : conserver son propre logiciel de facturation, à condition de pouvoir l’interfacer avec le système fiscal et de respecter les exigences fixées par l’OTR.

Dans ce second cas, une opération enregistrée dans le système de l’entreprise devra être transmise pour certification avant que la facture définitive ne soit remise au client. Un changement organisationnel majeur pour de nombreuses structures.

Les inquiétudes pratiques des opérateurs

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Fini le papier : ce qui va changer sur la facture des entreprises togolaises 2

Cette nouvelle architecture soulève plusieurs questions pratiques. Lors de la rencontre organisée par le patronat, les entreprises ont notamment évoqué :

  • Les coupures d’Internet ou l’indisponibilité éventuelle de la plateforme
  • L’intégration d’une économie dans laquelle une partie des transactions reste effectuée en espèces
  • Les petits fournisseurs ne délivrant pas toujours de facture
  • Le traitement de certaines prestations réalisées progressivement
  • Les conséquences de la traçabilité accrue lors des contrôles fiscaux

Des mécanismes permettant de continuer temporairement à facturer avant une synchronisation ultérieure sont envisagés, mais leurs modalités doivent encore être précisées.

L’OTR mise pour cette raison sur une mise en œuvre progressive et sur la poursuite des consultations avec les entreprises. En attendant le déploiement effectif du dispositif, les factures normalisées sur support papier demeurent utilisables. Pour le secteur privé, la période actuelle constitue donc surtout une phase de préparation : cartographier les processus de facturation, vérifier la qualité des données, tester la compatibilité des logiciels et former les équipes.

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