Alors que les délestages s’intensifient au Togo et que la transition énergétique s’impose comme une priorité, un centre de formation togolais attire l’attention bien au-delà des frontières. CREFER, Centre Régional d’Étude et de Formation en Energies Renouvelables, a récemment fait l’objet d’un entretien sur BFM Business, une référence des médias économiques français.
Une réponse à une urgence : le manque de techniciens qualifiés
Tout commence sur le terrain avec EGENT Togo, entreprise experte en solutions solaires et expert national près les cours et tribunaux du Togo. Sur le terrain, le constat est sans appel : les projets se multiplient, mais les techniciens qualifiés en systèmes photovoltaïques manquent cruellement.
« C’est la réponse à cette urgence qui nous a amenés à fonder CREFER pour transformer le soleil de l’Afrique en un véritable levier de souveraineté énergétique et de création d’emplois locaux », explique Komla AWUTE, directeur du centre, dans son entretien avec BFM Business.
L’ambition est claire : former une main-d’œuvre locale compétente pour accompagner la montée en puissance du solaire, en réponse aux défis énergétiques et climatiques de la sous-région.

80 % d’insertion : un modèle qui fait ses preuves
Aujourd’hui, l’école affiche des résultats concrets. Sur plus de 1500 diplômés, 1200 sont en emploi, soit un taux d’insertion de 80 %. Un chiffre exceptionnel dans un contexte où le chômage des jeunes reste un défi majeur.
Ce succès repose sur plusieurs piliers :
- Un accompagnement personnalisé dès le premier jour
- Un réseau de 50 entreprises partenaires dans les secteurs du BTP, de l’électricité et de l’industrie
- Des stages garantis et obligatoires pour chaque apprenant
« La pratique est au cœur de notre pédagogie », insiste Komla AWUTE. Une approche qui permet aux étudiants d’être opérationnels dès leur sortie de formation.

Des formations adaptées aux évolutions technologiques
Le secteur des énergies renouvelables évolue rapidement. Pour rester à la pointe, CREFER met à jour constamment ses modules de formation et ses équipements de travaux pratiques. L’objectif est de former des techniciens capables de maîtriser les dernières technologies, qu’il s’agisse de panneaux solaires nouvelle génération, de batteries lithium ou de systèmes de gestion intelligente de l’énergie.
Le centre travaille également à nouer des partenariats avec des grands groupes internationaux et des fabricants d’équipements, afin que les apprenants soient formés directement sur les matériels qu’ils utiliseront sur le terrain.
Un parcours couronné de distinctions
Depuis sa création, CREFER a reçu plusieurs reconnaissances qui confirment la qualité de son modèle :
- Décembre 2020 : Meilleur acteur de formation au Forum des Énergies Renouvelables & Emploi des Jeunes
- Novembre 2023 : Meilleur Centre de Formation en Énergies Renouvelables au Gala Energy Awards (Togo)
- Décembre 2023 : Meilleur acteur de l’éducation au Grand Prix Général Mathieu KÉRÉKOU à Cotonou
Ces distinctions témoignent de l’impact de CREFER, non seulement au Togo, mais aussi à l’échelle régionale.
Pourquoi la France s’intéresse à CREFER ?

L’intérêt des médias français, et notamment de BFM Business, ne doit rien au hasard. Le modèle de cette école incarne plusieurs tendances de fond :
- La montée en puissance des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest
- La formation professionnelle comme levier de développement face au chômage des jeunes
- L’émergence d’une expertise locale capable de répondre aux défis énergétiques sans dépendre de compétences extérieures
Dans un contexte où l’Europe et l’Afrique renforcent leurs partenariats économiques et énergétiques, l’expérience togolaise de CREFER devient un cas d’école. « Transformer le soleil de l’Afrique en souveraineté énergétique » : cette ambition, portée par une équipe locale, résonne bien au-delà des frontières togolaises.
Alors que le Togo fait face à des défis récurrents en matière d’électricité, le développement des compétences locales dans le solaire apparaît comme une solution durable. Cette institution prouve qu’il est possible de former rapidement des techniciens qualifiés, de les insérer dans le marché du travail, et de contribuer ainsi à la souveraineté énergétique du pays.











