L’accès à internet est devenu une composante essentielle de la vie quotidienne, que ce soit pour communiquer, s’informer, entreprendre, étudier ou participer à la vie publique. Pourtant, selon l’organisation Access Now et la coalition #KeepItOn, 30 coupures d’internet en Afrique ont été recensées dans 15 pays en 2025.
Le Togo figure sur cette liste, aux côtés de pays comme l’Ouganda, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Nigeria, le Kenya ou encore le Sénégal. Les protestations, l’instabilité politique et les élections figurent parmi les principaux déclencheurs de ces restrictions.
Ce que révèlent les chiffres d’Access Now
Le rapport d’Access Now documente une tendance préoccupante à l’échelle du continent. En 2025, quinze pays ont imposé des coupures : l’Angola, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Éthiopie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Nigeria, le Soudan du Sud, la Tanzanie, le Togo et l’Ouganda.

Ces mesures vont de la coupure nationale complète aux perturbations régionales, en passant par le blocage de plateformes spécifiques comme Facebook, X, Telegram ou WhatsApp. Une distinction importante : une coupure d’internet n’est pas la même chose que le blocage d’un seul réseau social. La première coupe l’accès général, tandis que le second cible des services précis sans éteindre toute la connexion.
Les pays africains les plus concernés
L’Éthiopie détient le triste record du continent, avec au moins 30 coupures recensées depuis 2016, selon le rapport de suivi électoral d’Access Now. La Tanzanie a enregistré huit coupures en 2025, dont des restrictions pendant la période électorale, avec le blocage de X en mai 2025 et la fermeture annoncée de plus de 80 000 sites, comptes et blogs par le régulateur des communications.
L’Ouganda a ordonné la suspension de l’accès public à internet avant ses élections générales de janvier 2026, tout en maintenant un blocage de Facebook pour la cinquième année consécutive. Le Nigeria a connu des perturbations prolongées dans le Zamfara Nord en 2025, après avoir bloqué X pendant sept mois en 2021. Le Sénégal a restreint l’accès à plusieurs plateformes et à l’internet mobile lors de périodes de troubles politiques en 2023.
Ce que cela change pour les citoyens
Ces restrictions ont des conséquences concrètes sur la vie des populations. Elles affectent l’accès à l’information, aux services de santé, à l’éducation, aux services bancaires et aux activités économiques. Elles compliquent également le travail des journalistes et des citoyens qui tentent de documenter les événements sur le terrain.
Pour les Togolais, cette mention dans le rapport d’Access Now rappelle que la question de la liberté numérique reste un enjeu régional, alors que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a adopté en 2024 une résolution appelant les États membres à maintenir un accès ouvert et sécurisé à internet avant, pendant et après les élections.
La vigilance reste donc de mise, aussi bien pour les autorités que pour la société civile, afin que l’accès à internet demeure un droit effectif sur l’ensemble du continent.








