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Samedi 25 mai 2024 dernier, une conférence de presse très attendue a eu lieu. Cette rencontre visait à répondre aux nombreuses questions et préoccupations soulevées par le peuple togolais concernant la crise d'électricité actuelle. Mila Mawougno Aziablé, ministre déléguée auprès du président de la République chargée de l'énergie et des mines, a apporté des réponses complètes.

Accompagnée de hauts responsables de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), la ministre s’est adressée aux médias, aux organisations de la société civile et à un public inquiet. Elle a souligné les causes profondes de la crise et détaillant les plans immédiats et à long terme du gouvernement pour la résoudre.
Des représentants de l’Association Togolaise des Consommateurs, de la Ligue Togolaise des Consommateurs et du mouvement Martin Luther King, ont participé à la conférence de presse qui a cherché à répondre de manière exhaustive à la myriade de questions et d’appréhensions qui ont été soulevées depuis le début de la crise qui frappe le secteur de l’énergie dans le pays.
Dans son allocution, la ministre Aziablé a reconnu la gravité de l’impact de la crise d’électricité que traverse le pays. L’autorité a présenté une approche à plusieurs volets pour rétablir la normalité dans l’approvisionnement en électricité.

Questions/Réponses
Réponse : Merci pour cette question importante. Vous savez, revenir à une situation normale de fourniture d’électricité est une préoccupation majeure pour nous et nous y travaillons très activement. J’ai parlé brièvement dans mon intervention des mesures prises à cet effet mais concrètement:
a- nous travaillons à sécuriser l’approvisionnement de manière durable des combustibles qui alimentent nos centrales électriques
b- augmenter la production nationale d’électricité
c- optimiser la consommation d’électricité sur le réseau national d’électricité par les programmes d’économie d’énergie;
Nous comprenons que cette situation est très difficile pour nous tous.Je peux vous assurer que nous mettons tout en œuvre pour un retour à la normale au plus vite. Nous vous tiendrons régulièrement informé de l’évolution de la situation.
Réponse : Je comprends que la communication faite jusqu’à présent n’a pas répondu aux attentes de nos populations dans cette situation de crise. Cependant, il n’est pas juste de dire qu’il n’y a pas eu de communication car la CEET a communiqué régulièrement sur la situation et ce dès les premières perturbations.
Nous reconnaissons que cette situation exceptionnelle nécessite une communication mieux adaptée. C’est la raison pour laquelle nous avons commencé par intensifier la communication. Vous avez du noter que:
Vous savez, cette situation est née d’une combinaison de plusieurs facteurs que nous venons de vous exposer. Nous comprenons que la succession de communiqués de la CEET ait pu créer la confusion dans les esprits. Certains d’entre vous, chers amis de la presse, ont même parlé de contradiction dans la présentation des faits. Il était important pour nous de clarifier les choses et de rétablir la vérité en tenant cette conférence de presse. Nous allons nous atteler à maintenir un contact permanent avec vous et renforcer davantage la communication vers nos populations.
Réponse : Absolument pas ! C’est une très bonne question. Nous entendons trop souvent cet argument qui est totalement erroné. Je vais y répondre de la manière la plus simple et claire possible en prenant en exemple ce que vous connaissez très bien: les cas CEET .Lorsque vous avez des factures impayées d’électricité, la CEET ne réduit pas votre consommation mais vous coupe totalement. C’est une pratique courante dans le secteur commercial. C’est important de clarifier : si l’endettement entraînait des restrictions, la logique voudrait que les services soient interrompus, pas réduits.
La seule chose qu’il faut retenir et qui est la réelle cause de cette crise: c’est la pénurie de gaz et ses conséquences dans toute la sous-région. C’est de ça qu’il s’agit.
Réponse : Une indépendance énergétique totale signifie se suffir à nous même, plus d’importation ni d’électricité ni de gaz ou gazoil pour faire fonctionner des centrales électriques. C’est possible oui! mais cela implique pour le cas spécifique du Togo un recours total aux énergies renouvelables.
Au Togo, selon les études réalisées, seuls le solaire et l’hydroélectricité ont du potentiel pour la production d’électricité. Cependant ces énergies renouvelables ont un gros point faible qui est leur intermittence : quand la source d’énergie n’est pas disponible, la production d’électricité est interrompue. Prenons l’exemple du solaire: dès 17h les centrales solaires ne produisent plus d’électricité. De même que les barrages hydroélectriques lorsque la pluviométrie est faible.
Se baser entièrement sur les ENR nécessiterait d’investir massivement dans des systèmes de stockage qui ne ferait que renchérir le coût de production de l’électricité.
C’est une des raisons pour lesquelles, nous avons au Togo fait le choix de diversifier nos sources de production et d’augmenter progressivement la part de renouvelable dans le mix énergétique.
Réponse : Je vous remercie d’attirer mon attention sur ce point. Il serait inconcevable que nos concitoyens paient une électricité qu’ils n’auraient pas consommée. Cette préoccupation sera examinée. Soyez assuré que si des erreurs de facturation sont identifiées, nous prendrons les mesures nécessaires pour les rectifier.
Réponse : Le plan de rationnement a été élaboré pour donner de la visibilité aux différents consommateurs, ménages et professionnels. Il a été conçu sur un principe de distribution efficace et équitable des ressources énergétiques.
1- en intégrant dans la mesure du possible, les besoins des différents consommateurs pour maintenir la fourniture d’électricité aux heures les plus critiques pour chacun: la journée pour les industries et les ménages la nuit.
2- en s’assurant qu’aucun quartier ne soit ni privilégié, ni lésé.
A cet effet, ce plan de rationnement est actualisé et publié quotidiennement sur le site internet de la CEET. Je voudrais saisir l’ occasion pour vous inviter à relayer cette publication auprès de nos populations.
3- Le plan est élaboré à partir d’un modèle d’approvisionnement qui repose sur la disponibilité de l’électricité et la demande. Cependant, la prévision d’une coupure ne signifie pas qu’elle se produira systématiquement ; elle n’interviendra que si elle s’avère absolument nécessaire. Par exemple, au cours de la première semaine, certaines journées se sont déroulées sans aucune coupure pour les ménages. Il est également important de noter que les secteurs non prévus pour des coupures ne seront pas affectés.
Nous sommes en alerte en permanence et ajustons les actions en fonction de la demande réelle et de la disponibilité de l’énergie.
Réponse : Ok je vois , je crois qu’il est important de préciser la différence entre un délestage et une coupure technique. Effectivement, il y a eu des coupures et non des délestages dans certains quartiers pendant le mois d’avril.
Réponse : Comme je l’ai évoqué précédemment, des mesures urgentes ont été prises et les efforts se poursuivent afin de sortir rapidement de cette crise :
Toutes ces mesures engendrent des coûts substantiels, mais elles sont indispensables car l’électricité est le moteur du développement de notre pays.
Réponse : La centrale est opérationnelle, les arrêts enregistrés récemment sont dus à l’indisponibilité de combustibles. Actuellement, aussi bien Kekeli que Contourglobal fonctionnent à leur pleine capacité grâce aux combustibles que nous avons pu sécuriser comme expliqué précédemment. Leur production permet de couvrir à elles seules une part significative de la demande à la pointe : près de 50%.
Réponse : La procédure étant réglementée, elle ne pourra pas être modifiée dans l’immédiat. Toutefois, nous demanderons au service concerné de traiter les dossiers avec la plus grande diligence.
Réponse : C’est une question pertinente, vu le développement important de centrales électriques durant ces dernières années c’est légitime de se demander l’impact réel de ces infrastructures. Ces centrales permettent de couvrir 60% de nos besoins.
La demande en électricité n’est pas figée, elle augmente très rapidement avec l’accroissement de la population et les progrès économiques.
La stratégie d’électrification qui est en cours d’exécution prévoit une indépendance énergétique progressive et nous y arrivons. Je tiens à rappeler que nous sommes passés d’une importation de 90% de nos besoins en électricité en 2010 à 40% aujourd’hui et l’objectif est d’accélérer la cadence car l’électricité est une nécessité et un luxe.
Réponse : Aujourd’hui nous nous focalisons sur les solutions pour un retour à une fourniture normale de l’électricité. L’augmentation du tarif de l’électricité n’est pas à notre sens une solution nous permettant une sortie immédiate de la crise.