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Hémorragies du post-partum : le Togo forme 60 soignants pour sauver plus de mères
Hémorragies du post-partum : une soixantaine de soignants sont formés à Kpalimé pour repérer plus tôt les saignements graves après l'accouchement au Togo.

Une soixantaine de soignants venus des six régions sanitaires du Togo se forment depuis le mardi 3 novembre 2026 à Kpalimé à la prise en charge des hémorragies du post-partum, ces saignements graves qui surviennent après l’accouchement. Ils devront ensuite transmettre ces gestes aux équipes des centres de santé. La raison est simple : dans les maternités SONU, qui prennent en charge les urgences, ces hémorragies ont pesé pour plus de la moitié des décès maternels dus à des causes obstétricales directes au premier semestre 2023.
L’atelier est organisé par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), avec le ministère chargé de la Santé et la Société togolaise de médecine périnatale (SOMOPI), selon l’Agence togolaise de presse (ATOP). Ellavi, une marque d’outils destinés à la maternité, y apporte un appui technique.
Cette session vient après celle que l’OMS a lancée en octobre pour les soignants de la région Maritime. Elle couvre tout le pays et vise une complication précise.
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Pourquoi les hémorragies du post-partum restent si dangereuses
Une femme peut perdre beaucoup de sang en peu de temps après la naissance de son enfant. Sans réaction rapide, la situation bascule.
Les chiffres cités par l’ATOP donnent la mesure du problème. Le Togo est passé de 401 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2010 à 366 en 2022. Le recul reste lent. Et selon le rapport de suivi des soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU) du premier semestre 2023, les hémorragies du post-partum représentaient 52,35 % des décès maternels liés aux causes obstétricales directes enregistrés dans ces maternités.
Mesurer le sang perdu au lieu de l’estimer
La formation repose sur l’approche E-MOTIVE et sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Son principe tient en deux temps : repérer tôt le saignement en mesurant les pertes de sang, puis agir aussitôt avec toute l’équipe.
Pour mesurer, les soignants apprennent à utiliser un drap de recueil calibré, qui permet de chiffrer les pertes. Pour traiter, ils combinent plusieurs gestes :
- le massage de l’utérus ;
- des médicaments qui le font se contracter ;
- l’acide tranexamique ;
- des perfusions intraveineuses ;
- l’examen clinique, pour limiter les complications graves.
Ils travaillent aussi sur le ballonnet de tamponnement intra-utérin, un autre outil utilisé contre cette complication. La méthode a fait ses preuves ailleurs : un essai publié en 2023 dans The New England Journal of Medicine, mené dans des hôpitaux du Kenya, du Nigeria, d’Afrique du Sud et de Tanzanie, a mesuré un risque réduit de 60 % pour les saignements graves, les opérations d’urgence et les décès par hémorragie.
Dr Tchandana Makilioubé, cheffe de la division de la santé maternelle et infantile, a insisté à Kpalimé sur ce point : mesurer systématiquement les pertes permet de repérer un saignement anormal et d’intervenir à temps.
Des formateurs d’abord, les maternités ensuite
L’atelier ne forme pas directement le personnel de toutes les maternités. Il prépare au moins 60 formateurs nationaux, qui transmettront ensuite ces connaissances aux prestataires des structures sanitaires du pays. Au programme : des exercices de simulation clinique et des modules sur la façon d’enseigner ces gestes.
Agbigbi Yawo, chargé de la santé reproductive à l’UNFPA, a rappelé que chaque femme doit pouvoir compter sur un suivi pendant la grossesse, un accouchement sécurisé et des soins adaptés après la naissance.
Ce que cela change pour les femmes enceintes
Rien du jour au lendemain : les effets dépendront de la vitesse à laquelle ces formateurs relaieront la méthode, et du matériel disponible sur place. Aucun calendrier de déploiement n’a été donné à ce stade.
En revanche, les soignants rappellent ce qui protège déjà les mères. Dr Tchandana cite parmi les facteurs de décès les accouchements à domicile avec des accoucheuses traditionnelles et les retards pour rejoindre un centre de santé. Accoucher dans une formation sanitaire et ne pas attendre en cas de problème restent donc les premiers réflexes.
Elle a aussi rappelé les mesures en place, dont la subvention de la césarienne et le Programme national d’accompagnement des femmes enceintes, qui encourage les consultations prénatales précoces et régulières. Des établissements dédiés existent également, comme l’hôpital mère-enfant d’Amou-Oblo, et les protocoles d’urgence obstétricale ont été remis à jour à Lomé en mars.
Source : Agence togolaise de presse (ATOP), dépêche du 3 novembre 2026.
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