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Cancer du sein au Togo : 1 701 cas et des traitements encore hors de portée
Cancer du sein au Togo : 1 701 cas recensés. Dr Sesso Zouwera alerte sur le coût de la radiothérapie et rappelle quand et comment se faire dépister.

Le cancer du sein reste le premier cancer de la femme au Togo, avec 1 701 cas recensés. Au lendemain d’Octobre Rose, la présidente de l’Association des médecins du Togo, Dr Sesso Zouwera, alerte : les traitements de base existent, mais la radiothérapie et les thérapies récentes restent difficiles d’accès et chères pour les familles.
Le mois rose est terminé, la maladie, elle, ne prend pas de pause. Dans un entretien accordé à l’Agence togolaise de presse (ATOP) et publié ce mardi 3 novembre 2026, Dr Sesso Zouwera dresse un état des lieux sans détour. Selon elle, le cancer du sein représente 39,6 % des cancers féminins dans le pays, loin devant le cancer du col de l’utérus. Et le nombre de cas augmente.
Le problème principal, explique la médecin, c’est le moment du diagnostic. Beaucoup de femmes consultent tard, quand la tumeur est déjà avancée. Les chances de guérison diminuent alors fortement, et les traitements deviennent plus lourds et plus coûteux.
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Cancer du sein : des soins qui coûtent cher aux familles
Au Togo, les médicaments de base contre le cancer du sein sont disponibles. Mais l’accès aux thérapies de pointe et à la radiothérapie « demeure très difficile et coûteux », souligne Dr Zouwera. Le manque d’équipements et de personnel spécialisé freine aussi la prise en charge. Le pays ne disposait encore que d’un seul centre de radiothérapie, à Lomé, d’après la Ligue togolaise contre le cancer en 2025, ce qui oblige les patientes de l’intérieur à de longs déplacements.
L’Assurance maladie universelle (AMU) prend en charge certains soins de support et quelques molécules essentielles. Cela ne suffit pas : selon la présidente de l’AMT, le reste à charge demeure un lourd fardeau pour les ménages. Certaines malades finissent par abandonner leur traitement, faute de moyens ou par peur du regard des autres.

Le dépistage : autopalpation, échographie et mammographie
La médecin rappelle les deux gestes qui permettent de repérer la maladie tôt :
- L’autopalpation, chaque mois, juste après les règles. Il s’agit de vérifier qu’il n’y a ni boule, ni déformation du sein, ni écoulement. Une petite grosseur autour du sein doit aussi être signalée.
- L’imagerie médicale : l’échographie mammaire est conseillée aux jeunes femmes de 20 à 30 ans. À partir de 40 ans, échographie et mammographie sont recommandées tous les deux ans.
Combien faut-il prévoir ? Ces examens coûtent entre 20 000 et 22 000 FCFA, indique Dr Zouwera. Elle reconnaît que la somme pèse pour beaucoup de foyers, mais la compare au prix d’une chimiothérapie : mieux vaut payer un examen tôt que des mois de traitement plus tard. Les maris ont aussi un rôle à jouer, ajoute-t-elle, en aidant leur épouse à faire l’autopalpation chaque mois.
La peur et les tabous retardent les consultations
Pourquoi tant de femmes attendent-elles ? Parce que la maladie touche à l’intimité, répond la présidente de l’AMT. Face à une boule dans le sein, certaines se tournent d’abord vers des pratiques traditionnelles, ou vers la prière, en espérant que l’anomalie disparaisse. D’autres cachent leur maladie par crainte d’être jugées par leur entourage. Quand elles arrivent enfin à l’hôpital, il est parfois trop tard pour un traitement efficace.
Ce message rejoint celui de la ministre Sandra Ablamba Johnson, qui avait appelé les Togolaises à ne pas laisser la peur les éloigner du dépistage pendant Octobre Rose. Pour Dr Zouwera, le soutien de la famille, du conjoint et des associations compte autant que les soins : les patientes isolées vivent beaucoup plus mal la chimiothérapie, la chirurgie ou la radiothérapie.
Ce que cela change pour les femmes togolaises
Concrètement, le dépistage précoce reste aujourd’hui la meilleure protection, et la moins chère. Une femme qui repère une anomalie peut consulter dans un centre de santé, qui l’orientera vers une échographie ou une mammographie. Celles qui sont affiliées à l’AMU ont intérêt à vérifier ce que leur couverture prend en charge : les bureaux de proximité de l’Assurance maladie universelle renseignent sur les démarches.
Du côté des autorités, l’Association des médecins du Togo formule plusieurs demandes :
- élargir le panier de soins de l’AMU aux thérapies ciblées et à la radiothérapie ;
- subventionner la prise en charge du cancer du sein ;
- faire baisser le prix de l’échographie mammaire et de la mammographie ;
- multiplier les campagnes de dépistage et former davantage de personnel ;
- offrir un accompagnement psychologique et social systématique aux malades.
Aucune de ces mesures n’a encore été annoncée par le gouvernement. D’ici là, le conseil de la médecin tient en une phrase : consulter sans attendre les complications.
Source : Agence togolaise de presse (ATOP), entretien avec Dr Sesso Zouwera publié le 3 novembre 2026.
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