Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a mis les points sur les « i ». Interrogé sur France 24 le mercredi 23 septembre 2026, il a catégoriquement démenti la présence de mercenaires russes au Togo.
Il a toutefois reconnu la présence de formateurs russes, venus entraîner les forces togolaises sur des équipements militaires livrés par Moscou. Une mise au point qui intervient après les inquiétudes exprimées par l’opposition en juillet.
« Pas de mercenaires russes au Togo »
La déclaration du chef de la diplomatie togolaise est sans ambiguïté. « Je vous dis que c’est faux… Nous n’avons pas de mercenaires russes (du groupe Africa Corps (ex-Wagner)) », a affirmé Robert Dussey sur le plateau de France 24.

Cette sortie vise à couper court aux rumeurs qui circulaient depuis plusieurs mois sur la présence de combattants du groupe paramilitaire Africa Corps, successeur de Wagner, dans le nord du Togo. En juillet 2026, l’opposition togolaise avait publiquement exprimé ses préoccupations concernant la présence présumée de « forces étrangères » dans cette région, évoquant notamment des mercenaires russes et des forces turques de la société militaire privée Sadat.
Mais des formateurs russes, oui
Le ministre ne nie pas toute présence russe sur le sol togolais. Il reconnaît l’existence de formateurs étrangers auprès des forces togolaises, en précisant la nature de leur mission.
« Quand vous achetez un hélicoptère français, un hélicoptère américain, un hélicoptère chinois ou un hélicoptère russe, ce sont bien sûr des formateurs qui viennent entraîner nos forces de défense et de sécurité, entraîner les pilotes », a-t-il expliqué.
Autrement dit, il ne s’agit pas de combattants engagés dans des opérations militaires, mais de techniciens chargés de former les militaires togolais à l’utilisation du matériel acheté. Une pratique courante dans les relations internationales, selon le ministre, qui rappelle que la France, la Chine et les États-Unis fournissent également ce type de services au Togo.
La menace jihadiste dans le nord du Togo
Cette mise au point intervient dans un contexte sécuritaire tendu. Depuis fin 2021, l’extrême nord du Togo est confronté à des incursions de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces groupes, qui minent le Sahel voisin depuis une décennie, s’étendent progressivement vers les pays côtiers du golfe de Guinée.
Face à cette menace, le Togo a renforcé sa coopération militaire avec plusieurs partenaires internationaux, dont la Russie. Des équipements militaires russes ont été livrés au pays, accompagnés de formateurs chargés de leur mise en œuvre.
Malgré les défis persistants, le ministre togolais s’est voulu rassurant sur la situation sécuritaire dans le nord du pays. « L’extrême nord du Togo est beaucoup plus pacifique aujourd’hui qu’il y a quatre ans », a-t-il affirmé.
Cette déclaration contraste avec les rapports de certaines organisations internationales, qui continuent de signaler des incidents dans la région des Savanes. Le gouvernement togolais a déployé des moyens importants pour sécuriser cette zone frontalière avec le Burkina Faso, notamment dans le cadre de l’opération Koundjoare.
Dussey plaide pour le dialogue avec les pays du Sahel
Interrogé sur la situation régionale, Robert Dussey s’est dit inquiet, notamment au Mali, où des groupes jihadistes ont repris l’initiative sur le terrain.
Il a toutefois plaidé pour le dialogue avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays dirigés par des juntes militaires et qui ont quitté la CEDEAO. « La solution, c’est de ne pas isoler ces pays », a-t-il insisté, les qualifiant de « forme de digue contre l’extrémisme violent ».
Une position qui tranche avec celle de certains pays de la sous-région, qui privilégient une approche plus ferme à l’égard des régimes militaires au pouvoir à Bamako, Ouagadougou et Niamey.
En s’exprimant sur France 24, Robert Dussey a choisi une tribune internationale pour adresser un message clair à plusieurs destinataires : l’opposition togolaise, qui dénonce une présence étrangère opaque ; la communauté internationale, qui suit de près la situation sécuritaire au Togo ; et les partenaires du Togo, en particulier la Russie, dont la coopération militaire est ainsi assumée publiquement.








