Le paysage bancaire togolais a sa hiérarchie. Et elle change peu. Selon le dernier rapport annuel de la Commission Bancaire de l’UMOA, dont les données provisoires sont arrêtées au 31 décembre 2025, Orabank Togo demeure la première banque du pays.
Avec un total de bilan de 771,9 milliards de FCFA, l’établissement capte 15,9 % du marché togolais. Juste derrière, Ecobank Togo affiche 724,2 milliards , soit 15 % de parts de marché. À elles deux, ces banques concentrent près d’un tiers des actifs bancaires du pays.
Un podium dominé par trois poids lourds
Coris Bank International Togo complète le podium avec 615,5 milliards , portant à 43,6 % la part cumulée des trois premières banques togolaises.

L’Union Togolaise de Banque (UTB), seul établissement à capitaux entièrement publics, occupe la quatrième place avec 448,8 milliards , devant IB Bank Togo (430,1 milliards) et BSIC Togo (412,2 milliards).
Suivent ensuite :
- NSIA Banque Bénin (succursale) : 344,5 milliards
- Banque Atlantique Togo : 303,7 milliards
- BIA-Togo : 234,1 milliards
- Bank Of Africa Togo : 228,5 milliards
- Sunu Bank Togo : 192,6 milliards

En bas du classement des meilleures banques togolaises, des écarts marqués
En bas de tableau, les succursales de la BDM (63,8 milliards) et de la Société Générale (63,2 milliards) précèdent la Société InterAfricaine de Banque (SIAB). Avec 6,4 milliards, la SIAB, sous administration provisoire prolongée depuis plusieurs années, ferme la marche.
Le bilan moyen d’une banque togolaise s’établit à 345,7 milliards. Sept établissements se situent sous ce seuil, soit la moitié des banques en activité.
Les régulateurs mesurent la concentration du marché par l’indice Herfindahl-Hirschman (IHH). Plus il est élevé, plus quelques acteurs dominent. Sous 1500, un marché est jugé peu concentré. Le Togo affiche un IHH de 1014, le troisième niveau le plus bas de l’Union, après la Côte d’Ivoire (802) et le Sénégal (760).
Des mutations en cours
Cette fragmentation intervient alors que le capital social minimum exigé des banques est passé de 10 à 20 milliards de FCFA, avec une échéance de mise en conformité fixée au 31 décembre 2026. Cinq établissements togolais restent aujourd’hui en deçà de ce seuil.
L’actionnariat s’est aussi recomposé : les capitaux étrangers hors UMOA sont tombés de 43,6 % en 2021 à 24 % en 2025, quand la participation publique passait de 10,5 % à 19,8 %.
Avec 5440 milliards d’actifs, la place togolaise ne pèse que 6,6 % du total de l’Union. Elle accueille pourtant 4 compagnies financières de la zone, dont Ecobank Transnational Incorporated et Oragroup, qui totalisent 40 % des actifs consolidés des holdings bancaires ouest-africaines. Une position stratégique qui fait de Lomé un hub financier régional, malgré la taille modeste de son marché bancaire.
Source: TogoFirst









