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L’ECO confirmé pour 2027 : le Togo sera-t-il dans la première vague ?

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
23 juillet 2026 3 min de lecture
L'ECO confirmé pour 2027 : le Togo sera-t-il dans la première vague ?

À moins de dix-huit mois de l’échéance qu’elle s’est fixée, la CEDEAO maintient son objectif de lancer l’ECO en 2027. Réunis le 19 juillet 2026 en Sierra Leone, les chefs d’État des 15 pays membres ont confirmé que le déploiement de la monnaie unique débuterait avec les États respectant les critères de convergence. Mais le communiqué final de la 69e session ordinaire ne précise ni la liste des premiers participants ni les modalités concrètes du lancement.

Cette approche confirme le principe d’un lancement à plusieurs vitesses, évoqué dès février 2026. À l’issue de consultations à Monrovia, un premier groupe avait été envisagé, regroupant le Nigeria, le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée et la Gambie, soit les pays de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO).

Le Togo et l’UEMOA dans l’attente

Le communiqué final ne reprend pas cette liste et ne précise pas si les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont le Togo, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Guinée-Bissau, pourraient intégrer la première vague. La question de l’articulation entre l’ECO régional et le franc CFA, toujours en vigueur dans la zone UEMOA, reste entière.

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La Côte d’Ivoire, principale économie de l’UEMOA, se retrouve au centre des discussions. Le président Alassane Ouattara est le seul membre encore en fonction de la précédente Task Force présidentielle sur la monnaie unique. La Guinée, quant à elle, vient d’obtenir l’autorisation de rejoindre cette instance, qui doit se réunir avant le sommet de décembre 2026.

Des critères de convergence difficiles à respecter

La raison du flou entretenu par la CEDEAO est simple : la quasi-totalité des économies ouest-africaines reste incapable d’honorer durablement les critères de convergence obligatoires. Entre des taux d’inflation incontrôlés, des déficits budgétaires abyssaux, un endettement galopant et des monnaies locales volatiles, l’équation macroéconomique semble insoluble à court terme.

La CEDEAO elle-même reconnaît que plusieurs « questions en suspens » doivent encore faire l’objet d’un consensus entre les gouverneurs des banques centrales. La Commission régionale et l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest ont été chargées d’intensifier les consultations et de soumettre des propositions à la Task Force.

Une avancée juridique mais des défis majeurs

L’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) constitue une avancée juridique, qui devrait être étendue à d’autres organismes internationaux. Mais cet enregistrement ne règle ni la gouvernance de la future banque centrale commune, ni les règles de décision, ni l’identité des premiers participants.

La réunion de la Task Force prévue avant décembre 2026 constituera la prochaine étape à surveiller. C’est à ce moment-là que les contours du projet ECO pourraient se dessiner plus clairement.

Quels enjeux pour le Togo ?

Pour le Togo, membre de l’UEMOA et utilisateur du franc CFA, le lancement de l’ECO soulève des questions cruciales. Qu’adviendra-t-il du franc CFA ? Le Togo intégrera-t-il la première vague ou restera-t-il dans une zone UEMOA qui devra négocier sa transition ? La garantie de change offerte par le Trésor français sera-t-elle maintenue ?

Autant de questions qui restent sans réponse. La Task Force de décembre 2026 devra apporter des éclaircissements sur un projet dont les contours restent, pour l’heure, très flous.

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