Selon les données publiées par l’EF English Proficiency Index (EF EPI) 2025, le Togo figure parmi les pays africains avec le plus faible niveau de maîtrise de l’anglais. Avec un classement mondial de 120e sur 122 pays et une place de 10e sur 12 en Afrique, le pays se retrouve dans la catégorie « Very Low Proficiency ».
Ce constat, bien que préoccupant, n’est pas une fatalité. Il reflète des défis structurels liés à l’héritage colonial francophone, au système éducatif et à l’exposition limitée à la langue anglaise.
Les pays africains les plus faibles en anglais
Le classement 2025 identifie 12 pays africains avec les niveaux d’anglais les plus bas :

- République Démocratique du Congo (122e mondial) – Très faible
- Libye (121e) – Très faible
- Togo (120e) – Très faible
- Somalie (119e) – Très faible
- Côte d’Ivoire (114e) – Très faible
- Rwanda (113e) – Faible
- Angola (110e) – Faible
- Bénin (108e) – Faible
- Sénégal (102e) – Faible
- Soudan (99e) – Faible
- Cameroun (97e) – Faible
- Malawi (95e) – Faible
Le Togo se trouve donc dans le trio de tête des pays francophones les plus en difficulté avec l’anglais, aux côtés de la RDC et de la Libye.
Les raisons de ce faible niveau
Plusieurs facteurs expliquent la position du Togo dans ce classement :
1. L’héritage colonial francophone
Le Togo, ancienne colonie française, a un système éducatif et administratif profondément ancré dans la langue française. L’anglais y était enseigné comme une langue étrangère, et non comme une langue d’usage courant.
2. Un système éducatif sous pression
L’anglais était jusque-là souvent enseigné comme une matière secondaire, avec des ressources limitées et des enseignants parfois insuffisamment formés. Les élèves avaient peu d’occasions de pratiquer la langue en dehors des cours. C’est une situation que le gouvernement actuel tente de renverser.
Depuis 2025, l’anglais est devenu obligatoire dès le préscolaire et le primaire au Togo. Le gouvernement a généralisé cette mesure après une phase pilote. Elle vise à rendre les élèves bilingues, surtout depuis l’adhésion du Togo au Commonwealth. Cela aide aussi les jeunes à trouver de meilleurs emplois.
3. Une exposition limitée à l’anglais
Contrairement au Nigeria ou au Kenya, où l’anglais est largement utilisé dans les médias, les affaires et la vie quotidienne, le Togo reste un pays où le français domine. L’exposition à l’anglais est donc restreinte.
4. Une faible intégration économique anglophone
Le Togo a certes exprimé son intérêt à rejoindre le Commonwealth, mais pour l’instant, les échanges économiques et culturels avec les pays anglophones restent limités.
Un défi pour l’avenir du Togo
La maîtrise de l’anglais est devenue un atout stratégique dans un monde globalisé. Pour le Togo, qui ambitionne de devenir un hub logistique et économique en Afrique de l’Ouest, la barrière linguistique pourrait freiner :
- L’attraction des investissements étrangers
- L’intégration dans les chaînes de valeur mondiales
- La participation aux échanges commerciaux régionaux
- L’accès aux opportunités de formation et d’emploi international
Le Commonwealth comme opportunité
L’intérêt récent du Togo pour rejoindre le Commonwealth est une reconnaissance de l’importance stratégique de l’anglais. Une adhésion pourrait ouvrir la voie à :
- Des programmes d’échange éducatif
- Des formations en anglais pour les fonctionnaires et les étudiants
- Des opportunités commerciales avec les 56 États membres
Source : EF English Proficiency Index (EF EPI) 2025 – Classement mondial et africain








