C’est un drame qui choque la conscience togolaise ! Le Tiktok Togo pleure un jeune homme dont l’avenir venait de s’ouvrir. Il s’appelle Abdoul Assad, tout juste titulaire de son Baccalauréat. Il aurait été sauvagement lynché dans la commune d’Agoé-Nyivé 1. Il était accusé d’avoir volé une poule.
Ce drame, qui secoue actuellement la capitale, soulève une question fondamentale : que reste-t-il de l’État de droit quand la foule se substitue à la justice ?
Vol de poule, peine de mort : l’absurdité tragique
Les circonstances exactes du drame restent floues. Selon certaines sources, Abdoul Assad aurait été tabassé à mort par des membres de la population. D’autres évoquent qu’il aurait été forcé de boire de l’acide. Une chose est certaine : pour une poule, un jeune homme a perdu la vie.

Ce qui devait être une simple affaire de voisinage, relevant des forces de l’ordre, s’est transformé en un acte de barbarie. La foule, au lieu de remettre le présumé voleur aux autorités compétentes, a choisi de se faire justice elle-même. Une décision fatale, illégale, et profondément injuste.
La loi togolaise est claire : la justice populaire est interdite
Au Togo, il est strictement interdit de se faire justice soi-même. L’article 13 de la Constitution togolaise dispose que l’État a l’obligation de garantir la sécurité, la vie ainsi que l’intégrité physique de chaque citoyen. La Cour suprême a réaffirmé ce principe fondamental, rappelant que le seul cas où la loi autorise une réaction immédiate est la légitime défense et encore, elle doit être proportionnelle et simultanée à l’attaque.
La vengeance populaire, elle, n’a aucune justification légale. Elle transforme les victimes de la loi en criminels. Ceux qui participent à un lynchage s’exposent à de lourdes peines de prison pour coups et blessures volontaires, voire pour homicide volontaire.
Un appel à la justice et à l’État de droit
Face à cette tragédie, Actu Lomé se fait l’écho d’un cri du cœur qui traverse tout le pays :
- Une enquête approfondie doit être ouverte pour identifier, interpeller et juger les auteurs de ce lynchage. La population d’Agoé-Nyivé 1 doit coopérer avec les forces de l’ordre pour que justice soit faite.
- La loi doit s’appliquer contre ceux qui prennent des vies humaines en toute impunité. C’est le seul moyen de dissuader ces actes barbares et de restaurer la confiance dans les institutions.
- Une campagne de sensibilisation massive doit être menée pour rappeler aux populations que la justice populaire n’est pas la justice. Elle est un crime.
Les alternatives légales existent
Pour mémoire, le Togo dispose de voies de recours légales bien établies. Une victime d’infraction peut porter plainte auprès du commissariat ou de la brigade de gendarmerie. Elle peut saisir les tribunaux pour engager des poursuites pénales ou civiles.
Pour les litiges fonciers ou de voisinage, les mécanismes traditionnels, comme le recours aux chefs traditionnels ou aux conseils de décharges, offrent une médiation reconnue et respectée.







