Le Togo et ses voisins du Golfe de Guinée sont désormais en première ligne. C’est l’avertissement solennel lancé mardi 14 juillet 2026 par Leonardo Santos Simão, chef de l’UNOWAS, devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Selon lui, les groupes terroristes et autres groupes armés non étatiques, longtemps cantonnés au Sahel central et au nord du Nigeria, ciblent désormais rapidement les États côtiers du golfe de Guinée, une région qui inclut le Togo, le Bénin, le Ghana et la Côte d’Ivoire.
Cette alerte confirme les craintes exprimées depuis plusieurs mois par les autorités togolaises et les observateurs régionaux. Le Togo, qui a déjà renforcé sa présence militaire dans le nord du pays ces dernières années, voit sa stratégie de prévention confirmée par les analyses onusiennes.

Des tactiques terroristes en pleine mutation
Lors de son intervention, Simão a souligné l’évolution inquiétante des méthodes employées par les groupes extrémistes. Ils utilisent désormais des drones, des moyens de communication modernes et des cryptomonnaies pour financer et coordonner leurs opérations. Parallèlement, le trafic de drogue connaît une explosion dans la région, en particulier dans les États côtiers, affaiblissant les institutions politiques et publiques.
« Les jeunes sont les principales victimes, mais certains sont aussi recrutés par des combattants terroristes », a-t-il déclaré, pointant du doigt un phénomène qui menace directement l’avenir des générations futures togolaises.
Le Togo salué pour son rôle diplomatique devant le Conseil de sécurité de l’ONU
Au milieu de ce tableau sécuritaire sombre, une lueur d’espoir est venue du Burkina Faso. L’ambassadeur burkinabè Saïdou Zongo a affirmé que son pays et les États de l’Alliance des États du Sahel restent ouverts au dialogue, saluant notamment les initiatives menées par le Togo, l’Union africaine et l’UNOWAS.
Cette reconnaissance diplomatique témoigne du rôle de médiateur que joue le Togo dans la région, une position que Lomé cultive depuis plusieurs années sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé, notamment dans les crises malienne et burkinabè.
L’appel à une réponse collective face au terrorisme au Sahel
L’ambassadeur ivoirien Tiémoko Moriko a plaidé pour une réponse collective, basée sur le partage du renseignement et la coopération transfrontalière. De son côté, Simão a résumé la situation avec une formule qui résonne comme un appel à l’action : « La région a fait preuve d’une résilience remarquable. Mais elle ne peut réussir sans un soutien international soutenu. »
Pour le Togo, la menace est désormais à portée de main. La question n’est plus de savoir si le terrorisme frappera les côtes, mais quand et comment la région y répondra.







