Le Togo confirme sa crédibilité sur le marché régional des titres publics. Selon les données de l’Agence UMOA-Titres, le Trésor togolais a honoré près de 326 milliards de FCFA de remboursements au cours du premier semestre 2026. Une performance qui témoigne de la rigueur budgétaire du pays et rassure les investisseurs.
Ces remboursements se décomposent en 195 milliards sur le premier trimestre et 131 milliards sur le second. Dans le détail, deux types de dettes ont été remboursées :
BAT (Bons) : 106,81 milliards (dettes à court terme)
OAT (Obligations) : 218,76 milliards (dettes à long terme)
Un double mouvement : rembourser et emprunter
Parallèlement à ces remboursements, le Togo continue de lever des fonds sur les marchés. Entre janvier et juin 2026, le Trésor a mobilisé 214,5 milliards, soit 46 % de l’objectif annuel fixé à 463,5 milliards. Un rythme qui devra s’accélérer au second semestre pour couvrir les besoins restants.
Le budget de l’État pour 2026 étant arrêté à 2 751 milliards, les émissions de titres publics devront s’intensifier au troisième trimestre pour couvrir les besoins restants : investissements publics, remboursement de dette intérieure et soutien aux secteurs productifs. C’est normal : un État emprunte pour financer ses projets (routes, hôpitaux, écoles, etc.) tout en remboursant ses dettes anciennes. Mais les Togolais attendent de voir ces projets se concrétiser sur le terrain, et pas seulement sur le papier.
L’enjeu est désormais de transformer ces chiffres en réalisations tangibles. Car une bonne santé financière ne sert à rien si elle ne profite pas aux citoyens. Les Togolais veulent des routes praticables, des hôpitaux fonctionnels, des écoles bien équipées, de l’électricité stable et de l’eau potable.
Un signe de sérieux budgétaire
Pour les investisseurs régionaux, ce double mouvement est un signe de sérieux budgétaire. La régularité des paiements togolais sur le marché de l’UMOA est précisément ce qui explique les taux de couverture élevés observés lors de chaque émission : les investisseurs font confiance à la signature togolaise.
Cette confiance est cruciale pour un pays qui doit financer ses projets de développement tout en maîtrisant sa dette. La capacité du Togo à honorer ses échéances dans les délais lui permet de lever des fonds à des conditions plus favorables, réduisant ainsi le coût de la dette.
Le gouvernement doit relever un double défi : améliorer l’exécution des projets sur le terrain et mieux communiquer sur les réalisations. Trop souvent, les citoyens ignorent les investissements en cours dans leur quartier ou leur région.
« Ce que nous voulons, c’est un lien clair entre ces milliards remboursés et les infrastructures que nous voyons, ou que nous ne voyons pas », explique un entrepreneur à Lomé.











