Le Togo face à une grosse pénurie de médecins. Et Plus de 4 300 entreprises créées en seulement 3 mois. Plus de détails dans la revue du 9 avril 2026. Bonjour et Bienvenue sur Actu Lomé pour ce survol de l’actualité.
Togo : L’Ordre des médecins vient de publier un chiffre qui va vous faire froid dans le dos
940 médecins au Togo. C’est le chiffre que l’Ordre national des médecins a publié le 08 avril 2026. 940 médecins inscrits en 2026. On était à 631 en 2024, 886 en 2025. Donc on progresse. C’est une bonne nouvelle, en apparence. Mais je vais vous dire pourquoi ce chiffre, bien lu, est en réalité une bombe à retardement pour des milliers de Togolais.
Parce que derrière ce 940, il y a une vérité qui n’est pas mise en titre, mais que vous devez connaître…. Sur ces 940 médecins, 865 sont concentrés dans le Grand Lomé et la région Maritime.
Lisez bien : 865. C’est 92% des médecins du pays.
Kara : 68 médecins.
Plateaux : 63.
Les Savanes ? Ne donnons même pas le chiffre.
Alors concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que si vous habitez à Dapaong, si vous habitez à Mango, si vous habitez à Sotouboua, vous n’avez quasiment aucun médecin à proximité. Une femme enceinte qui a une complication ? Elle doit faire 80 kilomètres, parfois plus, estimons. Un enfant qui fait une crise de paludisme grave ? Il dépend d’un infirmier, pas d’un médecin.
Ce n’est pas un système de santé. C’est un système à deux vitesses. Lomé d’un côté. Le reste du Togo de l’autre.
Un autre point : L’Organisation mondiale de la santé recommande un médecin pour 1000 habitants.
Au Togo, on est à 0,13 médecin pour 1000 habitants
Je vous fais le calcul : pour atteindre le standard international, il faudrait 8500 médecinsau Togo. On n’a pas 8500 médecins. On n’a même pas la moitié. On a à peine un dixième du besoin.
Et ce n’est pas tout. L’Ordre des médecins lui-même recense 1728 médecins actifs au total. 1728. Donc il y a des médecins, des centaines, qui exercent sans être inscrits à l’Ordre. Où sont-ils ? Qui sont-ils ? Sont-ils qualifiés ? Personne ne le sait. Comme annoncé dans notre revue précédente, ils en chopé un qui exercait sans aucune qualification depuis des années.
C’est le flou total.
« Ajoutez à ça un autre problème : la majorité des médecins a plus de 40 ans.
Dans dix ans, quinze ans, ils partent à la retraite. Qui les remplace ? Est-ce qu’on forme suffisamment de jeunes médecins aujourd’hui pour éviter l’effondrement ?
Aujourd’hui, la profession est aussi très masculine : 78% d’hommes, 22% de femmes. Est-ce qu’on attire assez de femmes vers la médecine ? Parce que dans certaines régions, une femme préfère être soignée par une femme. C’est un fait.
Donc on a trois crises superposées : une crise de répartition, une crise d’effectif, une crise générationnelle. »
La question que personne ne pose
L’État togolais forme des médecins. La formation est très largement subventionnée par l’argent public, donc par vos impôts. Pourquoi est-ce qu’un médecin formé par l’État togolais ne serait pas obligé de servir cinq ans en région ? Je pose la question franchement.
Parce que jusqu’ici, on a essayé ‘l’incitation’. Des primes, des logements de fonction, des promesses. Ça n’a pas suffi. Les médecins restent à Lomé. Parce que Lomé, c’est la vie : les écoles pour les enfants, les hôpitaux spécialisés, les loisirs, le confort.
Mais si on ne force personne, comment on soigne les Togolais des Savanes ? C’est une question politique. Personne n’ose la poser parce qu’elle fâche. Parce que les syndicats de médecins diront non. Parce que les élites veulent que leurs enfants restent à Lomé.
Mais je la pose quand même : est-ce qu’on a le droit de former un médecin avec l’argent public et de le laisser refuser de soigner la moitié du pays ? L’Ordre des médecins dit qu’il faut ‘inciter’ les praticiens à aller en région. Le président de l’Ordre, Anthony Beketi Katanga, appelle à former plus de médecins, recruter plus, améliorer l’assurance maladie universelle.
Tout ça est vrai. Mais ‘inciter’, ça ne suffit pas depuis trente ans.
Alors on continue comme ça ? On soigne Lomé. Et le reste du Togo se débrouille avec des infirmiers, des dispensaires vides et 80 kilomètres pour accoucher ?
La question que je vous laisse, avant de passer aux autres actu du jour, est celle-ci : un médecin formé par l’État doit-il être obligé de servir en région ? Oui ou non ?
Plus de détails :
Qui va succéder à Mgr Nicodème Barrigah à la tête de l’archidiocèse de Lomé ?
Une grande rencontre diocésaine est prévue ce 10 avril à Lomé.
Elle intervient en pleine attente d’un nouvel archevêque après le décès de Nicodème Barrigah en août 2024.
L’administrateur apostolique Isaac Jogues Kodjo Gaglo invite prêtres et fidèles à la cathédrale Sacré-Cœur. La succession d’un archevêque, ce n’est jamais seulement religieux au Togo. C’est aussi une question d’influence. Qui sera choisi ? Un homme du Nord ? Un homme du Sud ? Un proche du pouvoir ? On ne le saura peut-être pas tout de suite, mais les spéculations vont bon train.
Plus de détails : https://actulome.com/archidiocese-de-lome-succeder-a-mgr-nicodeme-barrigah/
L’électricité au Togo est chère, très chère même
Selon un classement 2025, le Togo est le 8e pays d’Afrique où l’électricité est la plus chère. Plus cher que le Bénin, plus cher que le Ghana, plus cher que la Côte d’Ivoire. Selon SIKA Finance, le prix moyen atteint 0,194 dollar par kilowattheure. Le pays reste loin derrière l’Éthiopie et l’Égypte, où les tarifs sont très bas.
Cette situation s’explique par les importations et le coût élevé de production. Mais Ce coût élevé pénalise les ménages et les entreprises, en particulier les petites industries qui ont besoin d’énergie pour fonctionner..
Question : Et vous, qu’en pensez- vous ?
Plus de détails :
56 milliards contre le sida et le paludisme. Bonne nouvelle ?
Le Togo veut mobiliser 56 milliards de francs CFA contre le sida et le paludisme. Ce financement couvre la période 2027 à 2029 avec le Fonds mondial. Un dialogue national a été lancé à Lomé avec les acteurs de la santé. Objectif : définir les priorités et mieux utiliser les ressources disponibles. Les autorités veulent améliorer l’accès aux soins pour toute la population. Le Fonds mondial exige des dossiers solides, donc cette candidature témoigne de la crédibilité du Togo sur ces questions. L’argent servira à financer la prévention, le dépistage et les traitements sur trois ans.
Plus de détails : https://actulome.com/fonds-mondial-de-lutte-contre-le-sida-le-togo-2029/
Une figure politique togolaise s’éteint
La scène politique togolaise vient de perdre l’une de ses figures les plus singulières. Abass Kaboua est décédé. Le président du Mouvement des Républicains Centristes (MRC) et sénateur, a cassé la pipe le mercredi 8 avril 2026 aux environs de 21 heures à l’hôpital Dokita de Lafia, à Lomé, des suites d’une longue maladie. Il avait 61 ans.
Opposant radical dans les années 2010, il avait ensuite opéré un virage plus modéré
Député puis sénateur, son parcours reste l’un des plus atypiques de la scène politique
Plus de détails : https://actulome.com/abass-kaboua-est-decede/
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