Le vendredi 10 avril 2026, la cathédrale Sacré-Cœur de Jésus de Lomé sera le théâtre d’une grande rencontre diocésaine. Convoquée par Monseigneur Isaac Jogues Kodjo Gaglo, administrateur apostolique de l’archidiocèse de Lomé, elle réunira prêtres, personnes consacrées et fidèles laïcs.
Mais derrière la dimension spirituelle se cache une question qui taraude la communauté catholique togolaise : qui succédera à Mgr Nicodème Barrigah à la tête de l’archidiocèse de Lomé ?
Mgr Barrigah : un vide qui dure depuis août 2024 à l’Archidiocèse de Lomé
Le 4 août 2024, Mgr Nicodème Anani Barrigah-Bénissan, archevêque métropolitain de Lomé, s’éteignait subitement à l’âge de 61 ans. Une disparition brutale qui avait plongé l’Église togolaise dans la consternation. Homme de dialogue, bâtisseur d’unité, il était respecté bien au-delà des frontières du Togo.
Depuis son décès, le siège archiépiscopal de Lomé est considéré comme vacant (sede vacante). Dans l’organisation de l’Église catholique, cela signifie qu’un administrateur apostolique est nommé pour assurer la continuité pastorale en attendant la désignation d’un nouvel archevêque par le Saint-Siège (le Vatican).
C’est Mgr Isaac Jogues Kodjo Gaglo qui a été chargé de cette mission d’intérim. Près de deux ans plus tard, l’attente d’une nomination officielle se fait de plus en plus pressante.
Une rencontre diocésaine au parfum de transition
La lettre de convocation de Mgr Gaglo met en avant la dimension spirituelle. Il invite les fidèles à se rassembler « dans la lumière éclatante du matin de Pâques » , pour « un moment de communion et de discernement des appels de l’Esprit pour une Église toujours plus à l’écoute du Ressuscité » .
Mais plusieurs observateurs estiment que cette rencontre pourrait revêtir une importance particulière quant à l’avenir de l’archidiocèse. Certains y voient une étape préparatoire, voire un cadre propice à l’annonce, ou du moins à l’évocation, de la désignation prochaine d’un nouvel archevêque métropolitain de Lomé.
Sans confirmation officielle, ces hypothèses restent à ce stade des projections. Mais le caractère solennel de la convocation, le contexte ecclésial et la mobilisation attendue laissent entrevoir une rencontre aux enjeux majeurs.
Qui sont les successeurs potentiels ?
La question est sur toutes les lèvres : qui pour succéder à Mgr Barrigah ? À ce stade, rien n’est officiel. Seul le Vatican a la main.
Le prochain archevêque de Lomé devra relever plusieurs défis :
- Unité et réconciliation : Lomé est un diocèse vaste et diversifié. Le successeur devra fédérer les différentes sensibilités.
- Dialogue interreligieux : Le Togo est un pays de coexistence pacifique entre catholiques, protestants, musulmans et adeptes des religions traditionnelles. L’archevêque devra maintenir ce climat.
- Engagement social : L’Église catholique est très active dans l’éducation, la santé et la lutte contre la pauvreté. Le nouvel archevêque devra poursuivre ces œuvres.
- Modernisation : Comme toute institution, l’Église doit s’adapter aux défis contemporains (réseaux sociaux, crise des vocations, place des laïcs).
- Lien avec Rome : Le prochain archevêque devra entretenir de bonnes relations avec le Saint-Siège et le nonce apostolique.
La nomination d’un évêque, surtout pour un siège aussi important que Lomé, ne se fait jamais à la légère. Le processus implique plusieurs étapes :
- Consultation des évêques togolais et des nonces
- Enquête sur les candidats potentiels
- Proposition de la Congrégation pour les évêques (au Vatican)
- Décision finale du Pape
Ce processus peut prendre plusieurs mois, voire plus d’un an. L’attente actuelle (depuis août 2024) n’a donc rien d’exceptionnel.










