56 milliards de francs CFA. C’est l’enveloppe que le Togo s’apprête à mobiliser auprès du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour la période 2027-2029. Un montant conséquent, qui témoigne de la confiance des partenaires internationaux dans la gestion sanitaire du pays.
Mais l’argent ne suffit pas. Encore faut-il savoir où le mettre, comment l’utiliser et qui en rend compte. C’est précisément l’objet du dialogue national qui s’est ouvert ce mercredi 8 avril 2026 à Lomé.
56 milliards FCFA pour trois ans : de quoi parle-t-on ?
Le Mécanisme de coordination nationale (CCM-Togo) , chargé de la gestion des subventions du Fonds mondial, a officiellement lancé le dialogue pays le mardi 7 avril 2026 à Lomé, en collaboration avec le ministère de la Santé.
L’enveloppe de 84 millions d’euros (environ 56 milliards FCFA) servira à financer les interventions contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme sur trois ans, ainsi que les actions de renforcement du système de santé. C’est l’une des plus importantes subventions jamais accordées au Togo dans le domaine sanitaire.
Un dialogue national pour définir les priorités du Fonds mondial de lutte contre le sida
Réunis autour de la table, l’ensemble des acteurs institutionnels du secteur sanitaire : ministères sectoriels, institutions de la République, organisations de la société civile, représentants de l’OMS, etc. Leur mission : construire ensemble une feuille de route claire, partagée et réaliste pour les trois prochaines années.
Selon Dr. Akou Pignandi, secrétaire national permanent du CCM-Togo : « Face à la rareté des ressources actuellement, le dialogue va se faire autrement. Le changement majeur, c’est qu’il faut cibler les interventions. L’approche, c’est d’abord l’intégration des activités, ce qui appelle à la rationalisation des ressources au niveau national. Pour chaque intervention, il faut qu’on pense à l’aspect intégré, ciblé, pérenne et durable. »
Les objectifs : accélérer vers l’élimination d’ici 2029
Le Togo s’est fixé des objectifs ambitieux, alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD3) , qui vise la santé et le bien-être pour tous.
Pour les trois maladies, les cibles sont claires :
| Maladie | Objectif |
|---|---|
| Sida | Réduire les nouvelles infections et les décès liés au VIH, tendre vers zéro |
| Tuberculose | Détecter et traiter 100 % des cas, réduire la mortalité |
| Paludisme | Accélérer vers l’élimination, notamment dans les zones à forte transmission |
Le représentant de l’OMS au Togo, Dr. Hamadou Nouhou, a posé le cadre sans ambiguïté : l’implication active de tous les acteurs n’est pas une option, c’est la condition sine qua non pour garantir aux populations un accès réel à des soins de qualité, préventifs comme curatifs.
Une rareté des ressources qui impose de la rigueur
Le contexte financier mondial est tendu. Les ressources du Fonds mondial ne sont pas extensibles. C’est pourquoi le Togo doit rationaliser son approche.
Fini le temps où l’on finançait des interventions parfois redondantes ou peu efficaces. Désormais, il faut :
- Cibler les interventions là où elles sont le plus nécessaires
- Intégrer les activités pour éviter les doublons
- Penser durable pour que les acquis perdurent après 2029
- Renforcer le système de santé dans son ensemble, pas seulement les programmes verticaux
Mme Kassa-Traoré Zouréhatou, gouverneure du district autonome du Grand Lomé et présidente du CCM-Togo, a salué le partenariat solide entre le Fonds mondial et le Togo, basé sur la confiance mutuelle. Elle a pris l’engagement de travailler avec les organisations de la société civile pour la prise en compte de leurs préoccupations. Une promesse importante, car les OSC sont souvent en première ligne sur le terrain (sensibilisation, accompagnement des malades, lutte contre la stigmatisation).










