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TOGO

Togo : l’IA apprend le kabyè, l’éwé et le moba

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
8 octobre 2026 3 min de lecture

Un agriculteur de la Kara pourrait bientôt s’adresser à un service public dans sa langue maternelle, le kabyè, et recevoir une réponse dans cette même langue. Ce scénario, encore hypothétique, constitue l’objectif affiché de « Voix du Togo ».

Ce programme pilote est porté par le ministère de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il mise sur l’intelligence artificielle pour combler le fossé linguistique entre l’administration et les citoyens.

Trois langues pour commencer, une cinquantaine à terme

Le projet vise d’abord à entraîner des modèles d’IA sur trois idiomes parlés au Togo : le kabyè, l’éwé et le moba. L’ambition déclarée ne s’arrête toutefois pas là. À horizon plus lointain, les autorités souhaitent intégrer une cinquantaine de langues nationales sur une plateforme unique, accessible à l’ensemble des usagers.

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Cette démarche repose sur un constat simple : de nombreux Togolais interagissent avec les services publics dans une langue qui n’est pas la leur, ce qui complique l’accès à l’information et aux démarches administratives.

Des citoyens rémunérés pour collecter la matière première

Pour fonctionner, un modèle d’IA a besoin de données. Ici, ces données prennent la forme d’enregistrements vocaux et de textes. Le dispositif mis en place fait donc appel à la participation des locuteurs eux-mêmes, à travers une plateforme dédiée.

Le principe est simple : l’utilisateur s’inscrit avec son numéro de téléphone, précise les langues qu’il maîtrise à l’oral comme à l’écrit, puis se voit proposer une série de tâches. Il peut s’agir de lire un texte à haute voix, de retranscrire un enregistrement, de traduire des phrases ou encore de contrôler le travail d’autres contributeurs. Chaque participation est rémunérée.

La qualité est ensuite vérifiée par des linguistes, ainsi que par les communautés concernées, afin d’éviter les erreurs et les approximations.

Des collectes physiques pour les zones sans connexion

Tous les Togolais ne disposent pas d’un smartphone ni d’une connexion internet stable. Pour que ces territoires ne soient pas exclus de la démarche, des agents se rendront sur place afin de recueillir les contributions directement auprès des habitants. Une façon de garantir que les modèles entraînés reflètent bien la diversité des usages linguistiques du pays, et pas seulement ceux des grandes villes.

« Voix du Togo » vise un objectif d’inclusion avant tout

Au-delà de la performance technologique, ce projet poursuit un but social. Il s’agit de permettre aux citoyens d’accéder aux services publics, aux soins de santé ou encore à la justice dans la langue qu’ils parlent quotidiennement. Pour le PNUD, ces outils pourraient également profiter à l’administration et au monde entrepreneurial, avec une idée directrice : faire en sorte que la transition numérique bénéficie à tous, sans distinction de langue.

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