Togo : un réseau QNET démantelé, 12 otages libérés à Adétikopé

Togo : un réseau QNET démantelé, 12 otages libérés à Agoé
Homme Allié

Une opération coup de poing de la Police nationale, un réseau QNET démantelé. Ils étaient séquestrés, sans contact avec l’extérieur, victimes de fausses promesses d’emploi et de vie meilleure.

Ce mardi 3 mars 2026, la Police nationale togolaise a mené une opération d’envergure dans le quartier Adéticopé (périphérie d’Agoé-Nyivé) , aboutissant à la libération de 12 personnes retenues en otage et à l’interpellation de deux suspects.

Les forces de l’ordre ont mis fin au calvaire de ces ressortissants de plusieurs nationalités, tous tombés dans les griffes d’un réseau de trading lié à la société QNET, bien connue des services de police pour ses pratiques controversées dans plusieurs pays.

Les victimes : un tableau tragique de la traite en Afrique de l’Ouest

Les personnes libérées présentent un profil type des victimes de traite : jeunes, vulnérables, attirées par la promesse d’une vie meilleure. Voici la liste des otages retrouvés dans la maison de séquestration :

· DIOMANDE Pélagie, 25 ans, Ivoirienne
· EMBAWIN ETU Gladys, 22 ans, Ghanéenne
· DOUMBIA Pacôme, 24 ans, Ivoirien
· D. Boni, 36 ans, Ivoirien
· DOSSO Bonye, 36 ans, Ivoirienne
· DJOMANDE Yimpou Juliette, 41 ans, Ivoirienne
· Sunday Blessing, 23 ans, Nigériane
· BIBANG Janet, 22 ans, Nigériane
· GBETOHO Pierrette, 24 ans, Béninoise
· DAHOLO Jeabilone, 39 ans, Ivoirienne
· KAMBOU Sie Éric, 39 ans, Ivoirien
· DAVID Jonathan, 22 ans, Nigérian

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Douze personnes venues de Côte d’Ivoire, du Nigeria, du Ghana et du Bénin, qui pensaient trouver au Togo un emploi ou une opportunité. Elles n’ont trouvé que la séquestration.

Comment l’affaire a été révélée ?

Tout commence par la plainte d’un homme désespéré. TABICA Careca, 59 ans, marin camerounais demeurant à Douala, alerte la police togolaise. Son frère, TCHINDA Derick, est retenu en otage par un réseau opérant à Lomé. Sans nouvelle, sans contact, il craint le pire.

La police engage des recherches. Très vite, les enquêteurs remontent jusqu’à S. Essodong, 27 ans, Togolais, identifié comme l’intermédiaire attitré entre les victimes et les autres membres du réseau. Son interpellation constitue le point de bascule de l’enquête.

Les suspects interpellés : un couple de trafiquants présumés

Les investigations menées à partir des aveux de S. Essodong conduisent directement à Y. Douo Sylvène, 30 ans, de nationalité ivoirienne. Tous deux sont présentés comme des membres actifs du réseau QNET au Togo. Ils ont été interpellés et placés en garde à vue, soupçonnés de :

· Prise d’otage
· Traite de personnes
· Trafic de migrants en bande organisée

Des accusations graves qui pourraient leur valoir de lourdes peines si leur culpabilité est confirmée par la justice.

La découverte des otages : une maison de séquestration à Adéticopé

C’est dans une maison située à Adéticopé, dans la périphérie d’Agoé-Nyivé, que les victimes étaient détenues. Coupées du monde, sans téléphone, sans possibilité de contacter leurs proches, elles vivaient dans des conditions qui restent à préciser par l’enquête.

La police a pu les libérer et les prendre en charge. Leur état de santé physique et psychologique fera l’objet d’une évaluation. Pour ces jeunes gens venus d’horizons divers, le cauchemar a pris fin, mais les séquelles resteront.

Un réseau QNET démantelé : une société controversée

Les suspects interpellés sont présentés comme des membres du réseau de trading QNET. Cette société, basée à Hong Kong, est connue pour son modèle de vente directe et de marketing de réseau. Mais dans plusieurs pays africains, elle est régulièrement accusée de pratiques proches de l’escroquerie et du système pyramidal.

Des témoignages similaires existent un peu partout sur le continent : des jeunes attirés par des promesses de revenus faciles, qui se retrouvent piégés, contraints de recruter à leur tour, et parfois séquestrés quand ils veulent partir.

Le cas togolais confirme malheureusement ce triste schéma.

L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices et démanteler complètement le réseau. Les victimes, elles, commencent un long processus de reconstruction, loin des griffes de leurs bourreaux.

La police promet de faire toute la lumière sur cette affaire.

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