Tensions à Kpalimé : l’imam Salifou Moussa radié, la mosquée centrale fermée

Tensions à Kpalimé : l'imam Salifou Moussa radié, la mosquée centrale fermée
Homme Allié

C’est une décision d’une rare fermeté. L’Union Musulmane du Togo (UMT) a pris des sanctions exceptionnelles pour stopper l’escalade des tensions au sein de la communauté musulmane de Kpalimé. L’imam principal de la Mosquée centrale de Kpalimé, Malam Salifou Moussa, est radié définitivement.

Le lieu de culte lui-même est mis sous scellés provisoires, sous surveillance des forces de sécurité. En cause : des années de rivalités, des actes de défiance répétés, et récemment une agression physique de l’imam au sein même de la mosquée. L’UMT craint des dérives sécuritaires et appelle à préserver le vivre-ensemble dans un Togo laïc.

Selon la correspondance officielle signée par le président national de l’UMT, le Sénateur Ibrahima Inoussa (El-Hadj Inoussa Bouraïma), la sanction est motivée par des « actes de défiance » caractérisés et des récidives répétées de la part de l’ancien dignitaire.

Une sanction individuelle radicale

Le couperet est tombé sans appel. L’imam Malam Salifou Moussa est officiellement et irrévocablement exclu du corps des Imams du Togo. Cette radiation définitive signifie qu’il ne pourra plus jamais exercer de fonction religieuse officielle dans aucune mosquée du pays.

Ce n’était pas sa première confrontation avec sa hiérarchie. L’imam avait déjà fait l’objet de deux suspensions successives, en 2021 puis en 2022. L’UMT l’accuse de s’être installé dans une posture de fronde systématique et d’avoir délibérément entretenu, par ses prises de position, de graves troubles ayant profondément fracturé les fidèles de Kpalimé.

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre inscription est confirmée.

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour suivre nos actualités.

La mosquée centrale de Kpalimé fermée sous surveillance

Parallèlement à cette sanction individuelle, l’UMT a sanctuarisé le lieu du conflit. Le président de l’union a officiellement sollicité le préfet de Kloto pour ordonner la fermeture provisoire de la Mosquée centrale de Kpalimé. Immédiatement exécutée, cette mise sous clé s’est faite sous l’étroite surveillance des forces de sécurité.

Pour l’UMT, cette mise en veille forcée doit servir de trêve technique, indispensable pour geler les hostilités et ouvrir la voie à un règlement pacifique.

Une crise ouverte après une agression dans la mosquée

Pour comprendre la sévérité de ces mesures, il faut revenir aux événements récents. Le point de non-retour a été atteint lorsque l’imam Malam Salifou Moussa a été physiquement agressé au sein même de la Mosquée centrale de Kpalimé, un lieu pourtant sacré.

Cet incident d’une violence inédite a exacerbé les rancœurs entre les fidèles de camps rivaux, faisant craindre aux autorités locales des représailles à grande échelle et des violences de rue. En réalité, cette agression n’est que le point d’orgue d’un feuilleton de discorde qui dure depuis plusieurs années.

Preuve que la crise dépasse les frontières de la préfecture de Kloto, l’UMT a immédiatement déplacé le sujet sur le terrain de la sensibilisation nationale. Le 20 mai 2026, une réunion d’envergure s’est tenue à la Maison du Hadj à Lomé.

Sous la direction de l’Imam Ali Sossah, et en présence des Imams de la Préfecture du Golfe, les leaders religieux ont longuement insisté sur les risques d’extrémisme violent, rappelant la nécessité absolue de respecter les institutions républicaines et le vivre-ensemble dans un Togo laïc.

Rejoins notre chaîne WhatsApp