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TOGO

Mariage des enfants au Togo : 25% des jeunes femmes mariées avant 18 ans

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
1 septembre 2026 4 min de lecture
Mariage des enfants au Togo : 25% des jeunes femmes mariées avant 18 ans

Elles s’appellent Akouvi, Kossiwa ou Yawa. Elles ont 14, 15 ou 16 ans. Leur journée ne ressemble pas à celle des autres adolescentes. Pas de cours, pas de révisions, pas de rêves d’études. Une cuisine, un mari, parfois un bébé sur les bras. Des vies basculées trop tôt. C’est la réalité de 25 % des jeunes femmes togolaises âgées de 20 à 24 ans. Mariées avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans.

Derrière ce chiffre, des parcours scolaires interrompus, des grossesses précoces et des adolescentes confrontées trop tôt aux responsabilités de la vie conjugale.

603 900 femmes concernées

Selon les données de l’UNICEF, ce sont 603 900 femmes et filles vivant au Togo qui ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Parmi elles, 148 200 ont même été mariées avant l’âge de 15 ans. Une jeune femme togolaise sur quatre, âgée de 20 à 24 ans, a donc connu le mariage pendant son enfance. Un chiffre qui donne le vertige. Une réalité qui interpelle.

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Le milieu rural, un facteur aggravant

Le lieu de résidence joue un rôle déterminant. 31 % des jeunes femmes vivant en milieu rural ont été mariées avant 18 ans, contre seulement 18 % en milieu urbain. Un écart significatif qui montre que la précarité et l’éloignement des infrastructures scolaires accentuent la vulnérabilité.

Le niveau d’éducation est un autre facteur clé. La proportion atteint 49 % chez les femmes sans instruction, contre seulement 12 % chez celles ayant atteint le niveau secondaire ou supérieur. Un constat implacable : l’école protège. Une fille qui reste à l’école a plus de chances de choisir son destin.

Une question de traditions, pas seulement de pauvreté

La pauvreté n’explique pas tout. Les normes sociales et certaines traditions jouent un rôle majeur. Dans certaines communautés, la pression exercée sur les familles pour marier leurs filles reste forte.

Pour les parents, cette décision est parfois présentée comme une protection. Comme une manière d’assurer l’avenir de leur enfant. Mais pour la jeune fille, les conséquences sont souvent lourdes : abandon scolaire, violence domestique, grossesses précoces, complications médicales.

Une loi contre le mariage des enfants au Togo qui n’est pas toujours appliquée

Au Togo, l’âge légal minimum du mariage des filles est fixé à 18 ans. Mais la législation prévoit des exceptions permettant un mariage à partir de 16 ans dans certaines circonstances. L’existence d’une loi ne suffit pas à faire disparaître une pratique profondément ancrée. La lutte contre le mariage des enfants nécessite donc un travail de sensibilisation auprès des parents, des responsables communautaires, des enseignants et des jeunes eux-mêmes.

La proportion de jeunes femmes mariées avant 18 ans au Togo (25 %) est inférieure à la moyenne de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (37 %). Elle reste cependant supérieure à la moyenne mondiale (19 %). Le défi est donc immense. Mais un changement est possible. Chaque fille qui reste à l’école, chaque famille qui renonce à un mariage précoce et chaque communauté qui protège les droits de ses enfants, représente un pas supplémentaire.

Le droit de choisir

Derrière les statistiques, il y a des vies. Des adolescentes qui n’ont pas eu le choix. Des jeunes femmes qui portent les séquelles de ce mariage forcé. Des familles qui peuvent être accompagnées pour changer leurs pratiques.

Donner aux filles le droit de choisir, c’est leur offrir la possibilité de poursuivre leurs études, de choisir librement leur métier, de profiter de leur adolescence. C’est aussi construire une société plus juste, où le mariage devient véritablement un choix libre et éclairé.

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