Togo : Jean-Pierre Fabre envoie une lettre directe à Jean-Lucien Savi de Tové

L’opposition togolaise intensifie sa pression sur le dossier historique le plus sensible. Le président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, a adressé une lettre officielle au Président de la République, Jean-Lucien Savi de Tové, pour lui demander d’engager l’État togolais dans la quête de vérité sur l’assassinat de Sylvanus Olympio.

C’est la deuxième fois en moins de deux mois que Fabre interpelle directement le chef de l’État, illustrant une stratégie de mise sous pression institutionnelle assumée. L’objet est clair : obtenir que le gouvernement togolais adresse une demande officielle à la France pour la déclassification des archives liées au meurtre du premier président, survenu le 13 janvier 1963.

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L’argumentation de Jean-Pierre Fabre

Dans sa missive, Jean-Pierre Fabre rappelle que l’ANC a déjà saisi le président français Emmanuel Macron sur cette question. Il souligne également que feu Monseigneur Nicodème Barrigah, président de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), avait exprimé en 2012 l’intention de demander cette déclassification, mais estimait que cela relevait avant tout du gouvernement togolais.

Fabre place sa requête au-dessus des clivages politiques, la présentant comme un « patriotique devoir » et une question relevant de l’intérêt supérieur de la Nation. Il estime qu’une démarche portée par « la caution du Chef de l’Etat et du Gouvernement » aurait bien plus de poids et constituerait un « acte fort de vérité historique, de mémoire nationale, de justice et de réconciliation durable ».

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La vérité sur un « événement fondateur du mal togolais » comme clef de l’apaisement

Le leader de l’ANC conclut en affirmant sa conviction que « l’établissement de la vérité sur cet événement fondateur du mal togolais contribuerait à apaiser les consciences et à consolider l’unité nationale ».

Cette lettre place désormais le Président Savi de Tové dans une position délicate. Va-t-il ignorer cette demande, au risque de paraître indifférent à une blessure mémorielle majeure ? Ou bien va-t-il engager une procédure diplomatique complexe et potentiellement conflictuelle avec la France, sur un dossier vieux de 63 ans mais toujours brûlant ?

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L’ANC, par cette action, se pose en gardien d’une mémoire contestataire et force le débat sur la manière dont le Togo contemporain assume son histoire la plus troublée.

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