Le Togo a-t-il vraiment expulsé l’ancien président Burkinabè Paul-Henri Damiba ?

Le Togo expulse l'ancien président Burkinabè Paul-Henri Damiba

Un tournant diplomatique et sécuritaire majeur vient de se produire. L’ancien président de la transition burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, aurait été extradé du Togo vers Ouagadougou ce 18 janvier 2026, rapporte Africa intelligence. Il vivait en exil à Lomé depuis son propre renversement par un coup d’État en septembre 2022.

Son expulsion, qui reste à confirmer par les sources officielles, survient dans un contexte de tensions sécuritaires aiguës entre les deux pays et après que le régime du capitaine Ibrahim Traoré actuellement au pouvoir à Ouagadougou, a accusé son prédécesseur de fomenter, depuis l’étranger, un projet de coup d’État.

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L’accueil discret de Paul-Henri Damiba brutalement interrompu par des accusations graves ?

Après sa chute, Damiba avait trouvé refuge au Togo, où il bénéficiait d’un accueil discret des autorités. Cette situation a pris fin de manière abrupte lorsque Ouagadougou a formellement accusé l’ex-chef de la junte d’être « impliqué dans un projet de coup d’État visant à renverser le pouvoir en place ».

Face à ces accusations graves et dans un souci de ne pas héberger un élément considéré comme déstabilisateur par un pays voisin en pleine crise sécuritaire, les autorités togolaises auraient pris la décision de procéder à son expulsion et à son transfert vers le Burkina Faso.

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Une décision aux implications diplomatiques et sécuritaires complexes

Cette prétendue extradition de Paul-Henri Damiba illustre la volonté du Togo de ne pas apparaître comme un sanctuaire pour des figures politiques susceptibles de menacer la stabilité régionale. Elle témoigne, si confirmée, également de la pression sécuritaire intense qui règne dans l’espace sahélien et qui influence les relations entre États.

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Pour le Burkina Faso, récupérer l’ancien homme fort pour le juger pourrait être une manière pour le régime Traoré d’affirmer son autorité et de traiter ce qu’il considère comme une menace interne. Cette décision place le Togo dans une position délicate, devant naviguer entre le respect des principes d’asile, les réalités géopolitiques et les impératifs de sécurité régionale.

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