Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa course vers l’indépendance énergétique. Le ministère de l’Énergie a confirmé qu’une centrale solaire d’une capacité comprise entre 70 et 110 MW verra le jour à Nangbéto. Le site retenu s’étendra sur 203 hectares, une superficie qui témoigne de l’ambition du projet.
Ce chantier ne sort pas de nulle part. Il constitue la première phase du Pacte national pour l’énergie, un programme global de 400 MWc de centrales solaires en cours de structuration. L’ensemble bénéficie de l’appui technique de RELP, une organisation indépendante à but non lucratif qui accompagne les pays en développement dans leurs achats d’énergie propre et de stockage par batteries.
Nangbéto, un site déjà stratégique
Le choix de Nangbéto n’est pas anodin. La localité abrite déjà, depuis 1987, la plus grande centrale hydroélectrique du pays, gérée par la Communauté électrique du Bénin (CEB). En installant une infrastructure solaire sur ce même territoire, les autorités cherchent visiblement à consolider un pôle énergétique existant plutôt qu’à repartir de zéro.

Cette complémentarité entre hydroélectricité et solaire pourrait, à terme, améliorer la stabilité de la production et réduire les coupures qui pèsent sur l’activité économique.
Blitta comme précédent
Le Togo possède déjà une grande centrale solaire à Blitta, dans le centre du pays. Inaugurée en juin 2021 et développée par la société émiratie AMEA Power, elle affichait 50 MW à l’origine. Elle était alors présentée comme la plus grande d’Afrique de l’Ouest. En juin dernier, une extension de 70 MW à 100 MW a été annoncée.
Blitta sert donc de référence. Elle démontre que le pays a déjà l’expérience de ce type de projet, tout en révélant les limites du modèle actuel, largement dépendant de partenaires étrangers.
Ce que cela change pour les Togolais
Pour les ménages et les entreprises, l’enjeu est simple : produire plus d’électricité localement, à un coût maîtrisé. Une capacité supplémentaire de 70 à 110 MW pourrait alléger la pression sur le réseau et soutenir la croissance des activités économiques.
Une incertitude demeure toutefois : on ignore encore si la centrale de Nangbéto sera construite via un partenariat public-privé ou s’il s’agit d’un projet entièrement privé. Le financement et le calendrier de réalisation restent donc à préciser. Les prochains mois diront si cette annonce se transforme en béton et en panneaux.








