La menace terroriste aux portes du Togo pousse Lomé à diversifier ses partenariats. Mardi 12 mai 2026, le gouvernement togolais a réceptionné un lot de matériel militaire offert par la Coalition islamique militaire contre le terrorisme (CIMCT), une organisation créée en 2015 sous l’impulsion de l’Arabie saoudite.
Au menu : casques de combat, gilets tactiques, plaques de protection, sacs de déploiement. De quoi mieux protéger les soldats togolais engagés dans l’opération Koundjoaré, face aux groupes armés terroristes qui progressent du Sahel vers les pays côtiers.
Selon le ministre de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, présent à la cérémonie de réception : « Ces équipements produisent surtout un message fort de solidarité, de fraternité et de responsabilité partagée face à une menace commune. »
Un don qui va au-delà du matériel militaire
La délégation saoudienne, conduite par le secrétaire général de la CIMCT, Mohammed Al-Moghidi, n’est pas venue seulement livrer des caisses d’équipements. Des discussions ont eu lieu sur des appuis complémentaires dans trois domaines clés :
- La formation : former les soldats togolais aux nouvelles techniques de lutte antiterroriste
- Le renseignement : partage d’informations sur les mouvements des groupes armés
- Le renforcement des compétences : monter en puissance sur les plans tactique et stratégique
La coopération ne fait que commencer.

Le Togo membre de la coalition depuis 2022
Le Togo a rejoint la Coalition islamique militaire contre le terrorisme en 2022. Une adhésion discrète mais stratégique. La CIMCT regroupe une quarantaine de pays, principalement musulmans, mais aussi des nations africaines confrontées au jihadisme.
En rejoignant cette coalition, Lomé a diversifié ses partenariats sécuritaires. Après la coopération traditionnelle avec la France, après les équipements américains (AFRICOM, Garde nationale du Dakota du Nord), voici l’appui saoudien.
Depuis plusieurs années, le Togo fait face à une pression sécuritaire croissante dans la région des Savanes, frontalière du Burkina Faso. Des groupes jihadistes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda étendent progressivement leur présence. Les incursions, les mines artisanales (IED), le harcèlement nocturne : les soldats togolais de l’opération Koundjoaré sont en première ligne.
Le matériel reçu – casques, gilets tactiques, plaques de protection – n’est pas du luxe. C’est ce qui fait la différence entre un soldat qui rentre chez lui et un soldat qui ne revient pas.










