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L’intégration Togo-AES franchit une nouvelle étape. Après les douanes et la sécurité, les quatre pays s’attaquent désormais à un chantier de taille : l’harmonisation de leurs systèmes d’enseignement supérieur et de recherche.
La démarche a été actée lors d’une réunion tenue le mardi 13 octobre 2026 à Ouagadougou. Les responsables universitaires et les ministères concernés se sont penchés sur des référentiels communs. L’objectif est clair : rendre les parcours universitaires plus fluides entre les quatre pays et faciliter la reconnaissance des diplômes.
Pour éviter de se disperser, les experts ont ciblé leurs efforts. Six domaines de formation prioritaires et cinq axes de coopération scientifique ont été identifiés. Les discussions ont également porté sur des sujets techniques essentiels : l’assurance qualité, la gouvernance académique et les accords de coopération.
Le secteur des mines et du pétrole figure parmi les priorités. Une orientation qui n’est pas anodine, alors que les pays de l’AES cherchent à mieux exploiter et transformer leurs ressources naturelles. L’enjeu est de former une main-d’œuvre locale hautement qualifiée, capable de répondre aux besoins de ces industries stratégiques.
Concrètement, cette harmonisation pourrait changer le quotidien des étudiants et des enseignants. Elle prévoit la mise en place de diplômes conjoints, la mutualisation des capacités de recherche et une plus grande mobilité académique.
L’idée est de créer un espace universitaire commun où un étudiant togolais pourrait valider une partie de son cursus au Mali, ou un chercheur nigérien collaborer avec une université burkinabè sans se heurter à des obstacles administratifs. Les discussions s’inscrivent dans la continuité d’une première conférence organisée au Mali en juin 2025.
Cette convergence ne relève pas uniquement de l’idéal académique. Pour les autorités, elle répond à des besoins concrets en compétences. Les secteurs de l’énergie, de la santé, de l’agriculture et de la transformation des matières premières manquent cruellement de profils qualifiés.
Cette orientation rejoint d’ailleurs les efforts déjà engagés au Togo. En septembre 2026, l’Université de Kara a conclu un partenariat avec la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Cet accord vise à renforcer le transfert de technologies, la recherche appliquée et l’incubation de projets. L’harmonisation régionale pourrait démultiplier ces collaborations en facilitant la circulation des compétences.
Pour la jeunesse togolaise, cette initiative représente une ouverture. Elle pourrait offrir des perspectives d’études et de recherche plus vastes, sans avoir nécessairement besoin de se tourner vers l’Europe ou l’Amérique du Nord.
Reste à savoir si les promesses se concrétiseront. La réussite de ce projet dépendra de l’adoption des textes, de leur mise en œuvre réelle dans les établissements et, surtout, des moyens mobilisés pour financer les laboratoires et les programmes communs. Sans budget, les plus beaux accords resteront des lettres mortes.