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TOGO

Togo-AES : cap sur une douane sans frontières

Raheem Geraldo Raheem Geraldo
15 octobre 2026 3 min de lecture
Togo-AES : cap sur une douane sans frontières

Le Togo et les trois pays de l’AES poursuivent leur rapprochement douanier. Leurs experts se sont réunis à Ouagadougou du 12 au 14 octobre 2026 pour finaliser un projet de régime tarifaire préférentiel confédéral. Objectif affiché : faciliter les échanges commerciaux entre les quatre pays tout en renforçant la sécurisation des recettes publiques.

Les discussions ont porté sur des points très techniques : les règles d’origine des marchandises, les procédures de reconnaissance et de certification de leur origine confédérale, ainsi que l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers. Autant de mécanismes indispensables pour qu’un régime préférentiel fonctionne sans ouvrir la porte à la fraude.

Des recommandations de Bamako sur la table

Les experts ont également examiné la mise en œuvre des recommandations issues de leur précédente réunion, tenue à Bamako les 2 et 3 octobre 2025. Ce suivi montre que le processus avance par étapes, avec une continuité dans les travaux engagés depuis plus d’un an.

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Les conclusions de cette rencontre préparatoire doivent désormais être soumises aux directeurs généraux des douanes et au commissaire général de l’Office togolais des recettes (OTR). Ces responsables sont attendus à Ouagadougou les 15 et 16 octobre 2026 pour leur cinquième réunion.

Lutte contre la fraude et transit sécurisé

La coopération ne se limite pas aux tarifs. La lutte contre la fraude et la sécurisation des opérations de transit figurent parmi les enjeux centraux. L’interconnexion des systèmes douaniers doit notamment améliorer le suivi des marchandises et renforcer la coordination entre les administrations concernées.

Un enjeu de taille : sans traçabilité fiable, un régime préférentiel devient rapidement une aubaine pour les réseaux de contrebande.

Lomé, porte d’entrée des économies sahéliennes

Cette coopération présente un intérêt stratégique majeur pour le port de Lomé. La capitale togolaise constitue une porte d’entrée maritime pour les marchandises destinées aux économies sahéliennes, enclavées et dépendantes des corridors de transit.

Une première étape de l’interconnexion douanière a d’ailleurs été mise en service le 10 mars 2025 sur le corridor Lomé-Bamako, avec le transit des marchandises vers le Mali via le Burkina Faso. Le dispositif repose sur le système douanier Sydonia World et vise à mieux encadrer ces opérations.

Ce que cela change pour les opérateurs économiques

Pour les commerçants, transporteurs et importateurs togolais, ce projet pourrait se traduire par des procédures plus simples, des délais réduits et une meilleure prévisibilité des coûts. À terme, un régime tarifaire commun rendrait les échanges avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger plus fluides et moins coûteux.

Reste à savoir quelles modalités seront retenues et quand le texte sera adopté par les instances compétentes. Pour l’instant, le cadre se construit. Les effets concrets dépendront de la vitesse de mise en œuvre.

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