L’Ordre National des Médecins du Togo (ONMT) a présenté, le 8 avril 2026 à Lomé, son tableau annuel. Ce document révèle que 940 médecins sont actuellement inscrits, tout en mettant en évidence les déséquilibres dans la répartition du personnel médical et les défis du système de santé togolais.
Une forte concentration des médecins à Lomé
Selon les données de Ordre National des Médecins du Togo, une large majorité des praticiens exerce dans les zones urbaines. Sur les 940 médecins recensés, 865 sont concentrés dans le Grand Lomé et la région Maritime. À l’inverse, plusieurs régions restent sous-dotées : Kara avec 68 médecins ; Plateaux avec 63 médecins ; Savanes et Centrale : effectifs encore insuffisants.
Cette répartition inégale limite l’accès aux soins dans certaines zones du pays. Par ailleurs, la profession reste majoritairement masculine, avec 78 % d’hommes contre 22 % de femmes. Le secteur public emploie 55 % des médecins, contre 38 % dans le privé et 7,2 % dans le secteur mixte.
Un système sous pression et des besoins urgents
Le tableau 2026 met également en lumière d’autres défis majeurs, notamment le vieillissement du corps médical. La majorité des médecins a plus de 40 ans, ce qui fait craindre une pénurie à moyen terme en raison des départs à la retraite.
Le manque de spécialistes constitue une autre préoccupation, tout comme le ratio médecins/population. Selon les standards de Organisation mondiale de la santé, le Togo affiche environ 0,13 médecin pour 1000 habitants, un niveau inférieur aux recommandations internationales.
Face à cette situation, le président de l’ONMT, Anthony Beketi Katanga, appelle à des mesures urgentes : former davantage de médecins ; renforcer les recrutements ; inciter les praticiens à s’installer dans les zones moins couvertes et améliorer l’accès à l’assurance maladie universelle.
Ce rapport a été présenté à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, marquée au Togo par des échanges sur la responsabilité médicale.










